Les obligations souveraines du Gabon libellées en dollars ont signé l’une des meilleures performances des marchés émergents mercredi 21 janvier 2026, après l’annonce par Libreville d'un programme de croissance économique « avec le soutien » du Fonds monétaire international (FMI).
Concrètement, rapporte Bloomberg, l’eurobond arrivant à échéance en 2031, assorti d’un coupon de 7 %, a gagné plus de quatre cents par dollar pour s’échanger autour de 81,3 cents en fin de séance, tandis que l’emprunt 2029 progressait également. Dans le même mouvement, le spread du Gabon s’est resserré d’environ 180 points de base entre mardi et mercredi, un signal interprété comme une amélioration de la perception du risque souverain et un regain de confiance des investisseurs.
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Ce rebond intervient alors que le Gabon tente de relancer ses discussions avec le FMI afin d’obtenir de nouveaux financements, après la suspension en 2024 d’un programme d’environ 553 millions de dollars. Dans un communiqué publié mercredi, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Dette, Thierry Minko, a réitéré « l’engagement des autorités gabonaises en faveur d’une coopération forte et durable avec le FMI », ajoutant que le programme en cours de discussions sera mis en œuvre dans l’intérêt du « développement économique et social durable du pays ».
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Nommé début janvier, Thierry Minko marque ainsi une inflexion par rapport à la ligne de son prédécesseur, Henri-Claude Oyima, jugé moins favorable à un programme avec l’institution de Bretton Woods. Un porte-parole du FMI a déclaré à Reuters sous anonymat que les autorités gabonaises avaient « intensifié leur engagement » à la suite du récent remaniement gouvernemental. Le Fonds prévoit une mission au Gabon en février dans le cadre de ses échanges avec Libreville, tout en précisant qu’aucune demande formelle de programme n’a encore été soumise.
L’orientation vers un cadre de réformes soutenu par le FMI est perçue par les marchés comme un marqueur de discipline budgétaire, dans un contexte de tensions sur les finances publiques, alimentées par le repli des cours du brut et la pression croissante sur les besoins de financement de l’État. En décembre, Fitch Ratings a d’ailleurs abaissé la note souveraine du Gabon, invoquant l’élargissement du déficit budgétaire et la baisse de l’appétit des investisseurs pour la dette gabonaise.
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Au-delà du Gabon, un accord avec le FMI est également considéré comme un enjeu de stabilité pour la CEMAC, où les droits de tirage spéciaux (DTS) représentent près de 40 % des réserves extérieures. Parallèlement, Libreville a engagé un processus rapatriement de devises auprès des compagnies extractives. Dans un communiqué publié mercredi, le gouvernement gabonais a instruit « de façon ferme et définitive » la Gabon Oil Company (GOC) et l’ensemble de ses filiales de procéder au rapatriement immédiat et intégral des fonds de restauration des sites (fonds RES) détenus à l’étranger en dollars américains.
Selon les autorités, ces avoirs s’élèvent à 270 millions de dollars, soit environ 151,7 milliards FCFA au 31 décembre 2025, et seront destinés au renforcement des réserves en devises de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Le gouvernement précise également que les autres acteurs internationaux du secteur extractif opérant au Gabon pourront, conformément aux discussions menées avec la BEAC, rapatrier les fonds RES déjà constitués au bénéfice de la zone CEMAC.
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