Le Gabonais Jean Liévin Idoundou Manfoumbi, choisi par le président de la transition, Clotaire Oligui Nguema pour redresser la Société d’énergie et d’eau du Gabon (Seeg) a été installé le 16 septembre dernier par le ministre gabonais de l’Energie, Jeannot Kalima. Celui qui remplace ainsi Joël Lehman Sandoungout aura donc 6 mois pour redresser cette société qui croule sous les crises successives et non résolues depuis sa renationalisation en 2018.
Le cahier de charges à remplir par l’administrateur provisoire prend en compte la réduction des déficits commerciaux, productifs et infrastructurels qui ralentissent les activités de l’entreprise publique. Il devra pour ce faire conduire le plan Marshall du président de la République qui prévoit une diminution de 50% du coût du service fournit par la Seeg (installation des compteurs, principale source de revenus de la société), uniformisation progressive des modèles de compteurs et distribution de 22 500 compteurs aux populations gabonaises dans le cadre de l’opération « 1 gabonais 1 compteur » dans le but de résoudre le lancinant problème de disponibilité des compteurs.
Réduire les délestages
Sur le plan productif et infrastructurel, Jean Liévin devra remettre à niveau l’essentiel des installations de la Seeg qui tournent au ralenti à cause de la vétusté des installations mais également renforcer la résilience de la société en ce qui concerne les changements climatiques. Pour illustration, l’usine hydroélectrique de Kinguelé Aval, située à environ 100 km à l’est de Libreville sur la rivière Mbei ne fonctionne pas à pleine capacité par manque d’eau, elle qui dotée d’une capacité installée de 35 MW pour une production annuelle d’environ 205 GWh par an, devrait fournir environ 13 % des besoins en électricité du Grand Libreville. Il devra dans un premier temps mettre en marche les groupes électrogènes achetés par l’Etat depuis le début de l’année afin de diminuer la fréquence des délestages dans les villes du pays.
Enlever la mauvaise graine
L’administrateur et son équipe auront également pour mission de nettoyer les effectifs de la Seeg dont 95% fait preuve de probité tandis que 5% est considéré comme véreux. « Il vous a été donné mission de faire en sorte que ces 5% soient mis hors d’état de nuire. Qu’ils soient formellement identifiés et qu’ils soient virés », a martelé le ministre gabonais. Il lui est aussi demandé d’améliorer le système de fonctionnement de l’entreprise en poursuivant la réduction drastique de la liste des prestataires de la Seeg. Estimée à 2 000 à la prise de pouvoir du gouvernement de transition, le nombre d’entreprise en sous-traitance avec la Seeg a été ramené à 300 (-85%) et devrait être encore plus réduit afin de ne garder que les « incontournables ». Le nouvel administrateur doit tout aussi réduire les salaires des cadres comme recommandé par le président de la Transition sans que les salaires des agents ne soient pas impactés.
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Soulignons que, pour mener à bien toutes ces missions, Jean Liévin Idoundou Manfoumbi qui cumule 32 ans d’expérience au sein de la Seeg bénéficiera d’une subvention de 100 milliards de Fcfa pour renflouer la trésorerie de l’entreprise et expédier les affaires courantes en attendant les conclusions des audits et enquêtes en cours, notamment la négociation de la dette de l’entreprise, la digitalisation et la sécurisation du système informatique, la création d’une Direction de la sécurité et de la lutte contre la fraude.

