Au Gabon, le gouvernement a ouvert des négociations avec les syndicats enseignants après plus d’un mois de grève paralysant le système éducatif public. Une commission tripartite interministérielle, réunissant les ministères de la Fonction publique, de l’Éducation nationale et du Budget, s’est tenue le 13 janvier 2026 à Libreville, sous la présidence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault.
À l’issue des travaux, un train de mesures d’urgence a été annoncé pour tenter d’apaiser les tensions. Selon la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclerq, l’État s’est engagé notamment au paiement partiel des vacations des examens de la session 2025 pour un montant de 2,7 milliards FCFA, à la création de 300 nouveaux postes budgétaires, à la régularisation de 3 000 situations administratives et à la reprise du dialogue social avec les syndicats et les représentants des parents d’élèves.
Applicabilité dès le mois de février
Ce 14 janvier, les résolutions gouvernementales ont manifestement pris une nouvelle ampleur suite à des instructions directes du chef de l’État. À en croire le gouvernement, une série de mesures correctives entrera progressivement en vigueur à compter de février 2026 pour stabiliser le secteur éducatif. Ce plan d'urgence prévoit la mise en solde immédiate de 328 diplômés des Écoles normales Supérieures (ENS et ENSET), ainsi que l'entrée en présalaire de 692sortants des écoles d'instituteurs (ENIL et ENIF) et de 108 enseignants spécialisés dans les matières scientifiques. Un effort particulier est également consenti en faveur de 1 810 enseignants, anciennement désignés comme « bénévoles », qui bénéficieront désormais d'un présalaire. Enfin, sur le volet des carrières, le gouvernement s'engage à la régularisation de 4 000 situations administratives — incluant les titularisations, les avancements automatiques et les reclassements après stage — sur les 6 574 dossiers déjà codifiés et en attente au sein des services de la Fonction publique.
Il convient de souligner que le Syndicat national de l’enseignement technique et professionnel (Synetecpro) et le Syndicat de l’éducation nationale (SENA) ont déclenché, dès le 10 décembre 2025, un arrêt de travail généralisé dans le secteur public. Interrogé par RFI, l'un des leaders syndicaux a précisé que les revendications portent prioritairement sur la régularisation des situations administratives, incluant les intégrations, les titularisations, les avancements et les nouveaux recrutements avec effet financier immédiat.
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L'objectif, selon lui, est que chaque agent puisse constater un changement effectif de son solde lors de son passage à la banque. Au-delà des arriérés, les syndicats entendent également négocier une revalorisation substantielle de diverses indemnités, notamment les primes de logement, de transport, d'éloignement ainsi qu'une amélioration de l'assurance maladie pour l'ensemble du corps enseignant.
Selon les données de l’annuaire statistique du secteur de l’Éducation et de la Formation, le paysage éducatif gabonais présentait, lors de la rentrée scolaire 2020-2021,une structuration précise. L’enseignement primaire comptait alors 1915 établissements pour un effectif de 284 741 élèves encadrés par 8 448 enseignants. De son côté, le secondaire général recensait 349établissements accueillant 215 350 élèves pour un corps enseignant de 7 113personnels. Enfin, l’enseignement secondaire technique et professionnel affichait des indicateurs plus modestes avec 25 établissements, 10 292 élèves et 689 enseignants. Bien que ces chiffres constituent une base de référence, ils ont indubitablement évolué au cours des dernières années sous l'effet de la croissance démographique.
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