Dans une note diffusée le 19 mars 2024, le directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), Alia Maheva Bongo Ondimba, annonce la suspension pour 3 mois, des frais administratifs liés à l’importation des denrées alimentaires. « Dans le cadre des mesures de lutte contre la vie chère prises par l’arrêté n°012.24/MEP portant suspension des droits et taxes sur certains biens et services soumis au plafonnement des prix pour une durée de trois mois du 11 mars 2024, le président de la Transition […] a instruit les administrations publiques à surseoir sur une période de trois mois, le payement des frais de délivrance de certains documents administratifs », écrit le DG.
La note indique par ailleurs aux opérateurs économiques du secteur alimentaire dont les activités sont contrôlées par l’Agasa que, la suspension du paiement des frais de délivrance des documents administratifs ici concernent : l’agrément sanitaire ; l’autorisation d’importation des produits alimentaires ; le certificat sanitaire vétérinaire à l’importation pour les produits carnés ou d’origine animale ; le certificat phytosanitaire à l’importation des aliments d’origine végétale. Le DG précise néanmoins que la délivrance de ces documents va se poursuivre, ainsi que l’inspection et le contrôle des établissements alimentaires. La suspension de paiement des paiements susmentionnés intervient dans un contexte d’inflation généralisée des denrées de grandes consommation (viennoiseries, pain, volaille, lait, sucre, huile, boîtes de conserve, viandes, etc.) au Gabon.
Les opérateurs du secteur économique du secteur justifient cette hausse des prix par la hausse des prix des matières premières et autres moyens logistiques. Pour pallier la situation, le gouvernement gabonais a entrepris depuis deux mois des consultations avec les importateurs. Il a donc été convenu entre les parties d’alléger certaines charges dont celles relatives à l’importation des denrées administratives.
Conséquences
Mais, il faut indiquer que cette suspension de paiement de certains documents à l’importation va obliger l’Etat à renoncer à certaines recettes. A titre d’illustration, les frais relatifs à la délivrance de l'agrément sanitaire de catégorie 1 (transformation industrielle) sont fixés comme suit : pour les établissements de transformation industrielle : 1 000 000) FCFA/an ; idem pour les usines de traitement du poisson ; pour les hypermarchés, supermarchés : 240 000 FCFA/an ; pour les ateliers de découpe : 100 000 FCFA/an ; pour les entrepôts frigorifiques : 500 000 FCFA/an ; pour les chambres froides annexées aux points de vente : 100 000 FCFA/an ; pour les grandes structures de boulangerie cumulant les activités de restauration, de pâtisserie, de viennoiserie et de salon de thé : 1 000 000 FCFA/an ; pour les boulangeries cumulant les activités de pâtisserie et viennoiserie : 300 000 FCFA/an ; pour les boulangeries : 200 000 FCFA/an, etc. Voilà autant de recettes auxquelles l’Etat gabonais va renoncer ne serait-ce que pour trois mois.
Cela pourrait même impacter le budget de l’Etat équilibré en recettes et en dépenses à 4162 milliards FCFA. Pour réaliser ce budget, le gouvernement compte mobiliser des recettes à 2 729,7 milliards FCFA contre 2 345,2 milliards FCFA arrêtées dans la loi de finances 2023, soit une hausse de 384,5 milliards FCFA.

