Le Gabon et le groupe minier français Eramet ont conclu un nouvel accord visant à accélérer la transformation locale du manganèse gabonais, marquant un durcissement de la politique industrielle de Libreville envers les groupes extractifs opérant dans le pays. L’annonce a été faite le 11 mai à Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, entre le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et la directrice générale d’Eramet, Christel Bories.
Dans un communiqué, la présidence gabonaise évoque un « accord historique » traduisant « un changement de paradigme » dans l’exploitation du manganèse, désormais conditionnée à des engagements de transformation locale. « La transformation locale du manganèse gabonais devient désormais une exigence opérationnelle », souligne le texte, sans détailler les investissements ni les échéances précises convenues entre les deux parties.
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Libreville affirme que « des engagements fermes ont été pris, assortis de délais précis », notamment autour du développement d’un écosystème industriel local, de la création d’emplois qualifiés et de la modernisation du Transgabonais, infrastructure ferroviaire stratégique pour le transport du minerai entre Moanda et le port d’Owendo. Libreville indique également que l’État gabonais accédera au capital d’Eramet, sans préciser les modalités de cette participation.
Cette annonce intervient près d’un an après la décision du Gabon d’interdire progressivement les exportations de manganèse brut à partir de janvier 2029 afin de capter davantage de valeur ajoutée localement. Premier producteur mondial de manganèse à haute teneur, le Gabon extrait environ 10 millions de tonnes de minerai par an. Compagnie Minière de l'Ogooué (Comilog), filiale d’Eramet, représente près de 6,8 millions de tonnes de cette production, mais moins de 10 % du minerai est actuellement transformé localement.
Au premier trimestre 2026, Eramet a exporté 1,4 million de tonnes de minerai gabonais, principalement vers la Chine, tandis que ses activités manganèse ont généré 464 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’accord intervient après plusieurs mois de discussions tendues entre Libreville et le groupe français, qui avait alerté sur les lourds investissements et les besoins énergétiques nécessaires à une industrialisation accélérée du manganèse dans un pays encore confronté à des délestages électriques récurrents.
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