Un accord a été paraphé ce 9 juillet aux États-Unis entre la République gabonaise et le consortium Millennial Potash, entité basée au Canada et soutenue par d'importants capitaux américains. Selon un communiqué du ministère des Mines et des Ressources Géologiques du Gabon, cet engagement bilatéral prévoit une mobilisation d'investissements directs d'un montant de 500 millions de dollars américains (soit 300 milliards de Fcfa) destinée à l'exploitation du gisement de potasse de Mayumba, localisé dans la province de la Nyanga au sud du pays, ainsi qu’à la transformation locale du minerai.
La présence du Président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de la signature de cet accord, survenue en marge de la rencontre entre le président américain Donald Trump et cinq chefs d’Etats africains, souligne la portée stratégique de cette initiative qui « s’inscrit pleinement dans la vision du Chef de l’État : faire du Gabon une destination attractive pour les investissements à forte valeur ajoutée. Le développement minier devient ainsi un levier concret de croissance et de souveraineté économique. », précise le ministère.
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La potasse, composant essentiel des intrants agricoles, revêt une importance stratégique prépondérante, d'autant plus que le Gabon priorise la valorisation locale et l'établissement de partenariats robustes afin de maximiser les externalités positives de cette exploitation.
Des retombées économiques et sociales substantielles
Les projections relatives à ce projet sont considérables. D’après les termes de l’accord, le gisement de Mayumba est anticipé pour une production annuelle de 800 000 tonnes d'engrais, contribuant ainsi à l'optimisation de la sécurité alimentaire et agricole, tant à l'échelle nationale qu'internationale. Sur le plan socio-économique, l'accord est porteur de la création de 975 emplois directs, un apport substantiel pour l'économie régionale et nationale. Avec une valorisation estimée à 1,1 milliard de dollars (660 milliards Fcfa) et des réserves potentielles excédant 1,8 milliard de tonnes pour le gisement de Banio (dont Mayumba est une composante), ce projet positionne le Gabon comme un acteur clé sur l'échiquier minier global.
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Pour les États-Unis, cet accord revêt également une dimension géostratégique cruciale. Dans un contexte de tensions géopolitiques et économiques croissantes avec la Chine, et compte tenu de la forte dépendance des États-Unis aux importations de minerais (environ 80% de leurs besoins sont importés), sécuriser l'accès à ce minerai stratégique qu'est la potasse est d'une importance capitale pour la résilience de leur chaîne d'approvisionnement agricole. Ce partenariat garantit un accès direct à une ressource indispensable pour leur agriculture, réduisant ainsi leur vulnérabilité face aux fluctuations des marchés mondiaux et aux éventuelles pressions exercées par des nations concurrentes.
Le Gabon, une trajectoire minière en pleine évolution
Cet accord s'insère dans un contexte où le Gabon s'efforce de diversifier sa base économique, historiquement prépondérante dans le secteur pétrolier. Récemment, les autorités gabonaises ont initié une politique de réappropriation d'actifs stratégiques, notamment dans le secteur des hydrocarbures avec les nationalisations d'Assala Energy et de Tullow Oil, et ont également notifié la suspension des exportations de minerai de manganèse brut par Eramet à compter de 2029. Ces orientations témoignent d'une volonté affirmée du Gabon de renforcer son contrôle sur ses ressources naturelles. L'attraction de Millennial Potash représente ainsi un nouveau chapitre dans cette dynamique extractive, signalant l'ouverture du pays à des collaborations stratégiques pour des projets à haute valeur ajoutée, en particulier dans des filières d'importance cruciale telles que la potasse.
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