La junior pétrolière canadienne Reconnaissance Energy Africa Ltd. (ReconAfrica), cotée à Toronto et Francfort, a indiqué dans sa mise à jour opérationnelle du 26 mars que ses activités au Gabon restent limitées à des travaux d’interprétation. « La société retravaille actuellement des données sismiques 3D sur les zones clés du bloc Ngulu, y compris la découverte de Loba (…) la société choisira un site d’évaluation et commandera un rapport de ressources tiers attendu d’ici la fin de 2026 », précise le communiqué. Aucun forage d’évaluation n’est donc prévu en 2026 dans le pays, repoussant toute activité à 2027.
Ce choix contraste avec les promesses faites par la compagnie lors de la signature du contrat de partage de production avec l’État, représenté par Gabon Oil Company, où elle annonçait un démarrage imminent des travaux sur site et des forages. En janvier 2026, ReconAfrica a levé 36,8 millions de dollars canadiens (environ 16,4 milliards FCFA) pour développer ses actifs en Afrique, affirmant alors prioriser le projet gabonais.
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Finalement, l’essentiel des financements est orienté vers la Namibie, où les essais de production ont débuté sur le puits Kavango West 1X, avec 75 mètres de colonne nette d’hydrocarbures identifiés. Au Gabon, les travaux se limitent à des études géophysiques, permettant à l’entreprise de conserver sa licence sans engager les coûts élevés d’un forage. Pour l’État gabonais, ce report se traduit par une absence d’activité sur un site présenté comme stratégique lors de l’attribution du permis à ReconAfrica en septembre 2025, alors que la production nationale est tombée sous 208 000 barils par jour début 2026. Le champ de Loba, identifié en 1976 avec une colonne nette de 70 mètres de brut, était considéré comme un levier de production rapide, avec un potentiel estimé à 20 000 barils par jour.
Ce décalage du calendrier retarde les recettes attendues et complique les efforts visant à compenser le déclin des champs matures dans un pays où le pétrole représente encore environ 40 % du PIB en 2024.
Le bloc Ngulu couvre une superficie de 1 214 km² en eaux peu profondes au large du centre du Gabon et compte plus de 28 prospects identifiés. En janvier 2026, ReconAfrica a noué un partenariat avec la compagnie norvégienne BW Energy, qui détient près de 7 % de son capital. Malgré cet appui, le développement du permis reste conditionné aux résultats attendus en Namibie et au rapport de ressources prévu fin 2026, prolongeant l’incertitude sur la date du premier baril produit au Gabon.
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