La Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) annonce une opération de recouvrement des factures impayées d’électricité auprès des consommateurs de Grand Libreville. L’initiative s’étend du 09 a 31 mars 2026. Dans un communiqué officiel, la société publique précise que les usagers disposent de ce délai pour apurer leurs arriérés. Passée cette période, la SEEG indique qu’elle pourra « conformément aux règlements et procédures en vigueur, engager des mesures pouvant notamment conduire à la suspension de la fourniture des services ou, le cas échéant, à la résiliation du contrat ».
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la fourniture d’électricité au Gabon, marqué par des coupures récurrentes et des critiques publiques du chef de l’État. Le 4 mars 2026, lors d’une réunion consacrée à la situation énergétique du pays, le président Brice Oligui Nguema avait directement interpellé les responsables de la SEEG sur l’ampleur des consommations non facturées. « 2 600 Gabonais ne paient pas le courant. Ayez le courage de le dire aux populations et pas seulement à moi », avait déclaré le chef de l’État, pointant ce qu’il considère comme un manque de transparence dans la gestion des abonnements et des fraudes.
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Si l’opération de recouvrement vise à améliorer la trésorerie de l’entreprise et à réduire les pertes commerciales, elle ne résout pas pour autant les difficultés structurelles auxquelles reste confronté le système électrique gabonais. La SEEG fait face à une demande en forte croissance, alors que les infrastructures de production, de transport et de distribution souffrent de vétusté.
Entre 2024 et 2025, le gouvernement gabonais a annoncé près de 200 milliards de FCFA d’investissements destinés à réduire durablement le déficit énergétique. Pourtant, malgré ces engagements financiers, les résultats peinent encore à se matérialiser pour les consommateurs, confrontés à des coupures d’électricité de plus en plus fréquentes, notamment dans la capitale. Au-delà des problèmes techniques, le président gabonais a également dénoncé des dysfonctionnements internes au sein de l’entreprise publique. « Vous avez divisé la SEEG. Les agents sont divisés à cause du gain et sabotent ou encensent certains opérateurs selon leurs intérêts. Cela n’arrange pas les Gabonais », avait-il déclaré lors de la même réunion.
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Face à ces critiques et aux difficultés persistantes du secteur, le gouvernement a annoncé une réforme structurelle de la gouvernance de la SEEG. Actuellement opérateur unique chargé à la fois de la distribution de l’eau et de l’électricité, l’entreprise devrait être scindée en deux entités juridiques distinctes à partir de janvier 2027. L’objectif affiché par les autorités est de renforcer la transparence, améliorer l’efficacité opérationnelle et clarifier la gestion des deux secteurs, dans l’espoir de restaurer durablement la qualité du service public de l’eau et de l’électricité au Gabon.

