Environ trois mois après sa prise de fonction en tant que nouveau Directeur général de Gabon Oil Company (Gab’Oil), François Owono Messie se trouve au cœur d'un scandale financier qui a conduit à sa suspension. Le 5 décembre dernier, six hauts responsables de la structure, dont le Président du conseil d'administration, Landry Bongo Ondimba et le Directeur général, ont été suspendus à titre conservatoire par Marcel Abeke, ministre gabonais du Pétrole, « avec interdiction d’accès aux locaux de la société jusqu’à nouvel ordre », selon un document officiel consulté par Ecomatin. En remplacement, Serge Mesmin Mbele a été nommé directeur général par intérim, tandis que Habiba Nzoundou, directrice de l’audit, assurera temporairement les fonctions de directrice financière. « Ces nominations visent à stabiliser l’entreprise et à mener des audits approfondis sur sa gestion », précise la source.
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Cette décision fait suite à un audit déclenché après la fuite de documents confidentiels sur les réseaux sociaux, révélant des faits présumés de gestion frauduleuse. À l'origine de ce scandale, une note de frais datant du 11 novembre 2024 mettant en évidence un décaissement de plus de 46,2 millions de Fcfa, alloué par la société pétrolière du Gabon, filiale de la Société Nationale des Hydrocarbures du Gabon (SNHG), à la récente campagne référendaire, au profit du PCA de la société Gab’Oil. Ces fonds auraient servi à couvrir divers frais, notamment de représentation à hauteur de 10 millions de Fcfa, d'hébergement (5 millions de Fcfa), de communication (tee-shirt et casquettes) pour 7,5 millions de Fcfa et de logistique (4,2 millions de Fcfa), et à l’organisation des causeries (2 millions de Fcfa).
Plus de 55 millions de Fcfa de frais jugés illégaux
En plus de cette enveloppe, une facture exorbitante de 9,3 millions de Fcfa pour des prestations de restauration a été émise au nom d'Owono Messie, toujours dans le cadre de la campagne référendaire. Ces deux décaissements, jugés illégaux et liés à la même opération, ont été autorisés par l'administrateur-directeur général, agissant sur ordre du PCA. Au total, ce nouveau scandale financier met en évidence une enveloppe frauduleuse de 55,3 millions de Fcfa. D’après les médias locaux, le parquet a ouvert une enquête et des poursuites judiciaires pourraient être engagées. Ce scandale vient non seulement ternir davantage l'image déjà fragilisée de Gab'Oil, mais pourrait également entraîner de nouvelles difficultés financières pour l'entreprise, déjà surendettée.
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L’on se souvient que lors de sa prise de fonction en septembre dernier, en remplacement de Louis Gaston Aubame, François Owono Messie avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur la situation financière critique de Gab'Oil. Selon lui, l'entreprise a affiché des pertes cumulées de 10 milliards de FCFA sur les trois derniers exercices, réduisant ainsi son capital social (11 milliards de Fcfa) de 90%. Par ailleurs, Gab'Oil est étranglée par une dette abyssale de 56 milliards de Fcfa envers la Société gabonaise de raffinage (Sogara), ce qui, selon le responsable, a un impact direct sur l'approvisionnement régulier des stations-service en carburants. La société accumule également 29 milliards de Fcfa de créances impayées auprès de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG), limitant ainsi ses capacités d'autofinancement.
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Ce nouveau scandale financier démontre que la société d'État, malgré les récentes réformes visant à renforcer la transparence et la bonne gouvernance des entreprises publiques, n'a pas réussi à redresser sa situation et à s'inscrire dans une dynamique de performance.

