(AFP) Mercredi 22 octobre 2025 - 11 :02. L'ancienne Première dame et le fils du président déchu Ali Bongo ne retourneront pas au Gabon pour leur procès prévu à Libreville le 10 novembre pour détournement de fonds publics notamment, a affirmé mercredi leur avocat qui dénonce un "spectacle populiste".
"On ne peut pas attendre de Sylvia et Noureddin qu'ils retournent sous la garde de leurs tortionnaires à Libreville pour cet événement", a déclaré dans un communiqué Pierre-Olivier Sur, l'un des avocats français de la famille actuellement en liberté provisoire à Londres. Ilssont entre autres poursuivis pour détournement de fonds publics et avaient tous deux étéarrêtés le soir du coup d'Etat d'août 2023 dans le pays.
Me François Zimeray et Me Pierre-Olivier Sur affirment, dans leur communiqué, avoir "appris par la presse" le procès prévu à Libreville du 10 au 14 novembre selon la presse locale, et pour lequel "aucune convocation n'a été envoyée à leurs clients à leur adresse de Londres".
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Ils dénoncent "un procès qui n'est pas seulement un +exutoire politique+ mais aussi un+spectacle populiste+, en violation des règles nationales et internationales les plus fondamentales".
- "Recours" –
Ils accusent également les procureurs gabonais "d'avoir tenté d'accélérer le procès" de leurs clients en novembre alors "qu'un recours" déposé en juillet par le camp Bongo "est en instance devant la Cour de cassation et qu'aucune décision n'a encore été rendue".
En juillet, la famille Bongo avait fait circuler une vidéo montrant une juge gabonaise chargée de leur affaire admettre des "pressions" de "membres de la junte militaire" pour aboutir à "des poursuites pénales contre eux".
"Nous comprenons que les procureurs et les juges gabonais agissent sous une pression considérable et ressentent le besoin urgent d'apaiser le président Oligui Nguema par un procès-spectacle rapide, sans se soucier de savoir s'il respecte les procédures prévues par la loi", a réitéré l'avocat Pierre-Olivier Sur.
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Sylvia Bongo, 62 ans, et son fils Noureddin, 33 ans, avaient été arrêtés lors du putsch du 30 août 2023, puis détenus 20 mois au Gabon avant d'être autorisés à quitter le pays dans le cadre d'une liberté provisoire.
Une plainte avec constitution de partie civile avait été déposée en France en mai 2024 par Ali Bongo, Sylvia et Noureddin, qui possèdent tous trois la nationalité française.
L'ex-président Ali Bongo a dénoncé sa "séquestration arbitraire" par le nouveau pouvoir tandis que son épouse et son fils affirment avoir été, durant leur détention, "violemment torturés à répétition par les militaires les plus proches du Président Oligui Nguema: fouettés, électrocutés, noyés, battus et bien pire".
La famille Bongo - le père, Omar, pilier de la Françafrique de 1967 à 2009, puis le fils, Ali – a dirigé pendant 55 ans le Gabon, un petit État d'Afrique centrale riche en pétrole, avec une élite accusée par ses opposants de "corruption massive" et de "mauvaise gouvernance".
Le général Oligui, devenu officiellement président du pays mi-avril, avait démenti fin mars toute forme de torture et promis que Sylvia et Noureddin Bongo feraient l'objet d'un "procès équitable".
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