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Géants du cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana suspendent leurs ventes

Les deux plus gros producteurs mondiaux de cacao ont décidé d’interrompre leurs ventes d’or brun avec la prétention d’imposer un prix planché, plus avantageux aux producteurs locaux.

2 600 dollars et pas un de moins. C’est le prix planché à la tonne (2 300 euros, soit environ 1,507 millions FCFA) que souhaitent appliquer à l’international les deux premiers pourvoyeurs mondiaux de cacao. L’accord entre les géants ghanéen et ivoirien, géographiquement voisins, qui concerne la production de la campagne 2020/2021, a été signé ce mercredi 12 juin à Accra, la capitale du Ghana. L’objectif affiché des deux pays ouest-africains, fournisseurs des deux tiers de la production de fèves de cacao au niveau mondial, est de peser sur les marchés afin de mieux rémunérer les agriculteurs locaux. Le cours du cacao est actuellement bas, juge les observateurs. Et sur les 100 milliards de dollars  (plus de 58 000 milliards de francs CFA) que représente le marché mondial du chocolat, seuls 6 milliards dollars (plus de 3400 milliards FCFA) reviennent aujourd’hui aux agriculteurs.


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« Depuis que le pays s’est lancé dans la production de cacao au XVIIIe siècle, c’est la première fois qu’un prix minimal va être fixé »,explique une presse locale ghanéenne. Dans les années 80, la Côte d’Ivoire avait tenté déjà de le faire seule, en stockant les fèves, mais comme elles ne se conservent pas indéfiniment, le président Félix Houphouet Boigny avait fini par céder et les cours s’étaient effondrés.

A  l’heure actuelle, le marché va mieux, la demande de cacao est forte, la récolte risque d’être inférieure en Afrique de l’Ouest dès octobre prochain, les cours sont donc plutôt bons en ce moment. Et l’industrie chocolatière reconnaît elle-même que les producteurs devraient être mieux payés. Le Ghana et la Côte d’Ivoire aimeraient que ce niveau se maintienne encore l’année suivante pour pouvoir payer correctement les producteurs à partir de 2020. D’autant plus que, les producteurs sont victimes de la chute des cours antérieurs.


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Au Cameroun, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce (Mincommerce) s’était particulièrement montré virulent devant les acteurs du commerce international de la fève en avril 2017 lors d’une conférence à Berlin. « Nos producteurs n’en peuvent plus. Ils meurent à petit feu, acculés par des prix aussi bas, qui frisent l’esclavagisme. Et dire que nous sommes au 21ème siècle ! Je me répète volontiers en insistant sur le fait que le niveau actuel des cours est tout simplement insupportable, des cours qui menacent la survie même de la frange la plus importante de nos populations», avait-il dit.

La Rédaction EcoMatin

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