Le 2 mars 2026, le gouvernement équato-guinéen a lancé une stratégie visant à « sauver » et « redonner vie » à ses entités et entreprises publiques, lors d’une séance de travail présidée par le vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue. Dans un premier temps, 27 sociétés à participation de l’État seront soumises à des audits menés par des prestataires sélectionnés.
Selon le portail officiel du gouvernement, une enveloppe de 700 millions de FCFA sera mobilisée pour financer cette opération. Si la durée précise des investigations n’a pas encore été communiquée, Malabo indique que « l’intention du gouvernement est de disposer d’informations sur la comptabilité et les finances des entités nationales, leur gestion et leurs plans d’affaires respectifs afin de les aider à améliorer leur fonctionnement ; pour qu’elles cessent d’être une dépense et soient plus productives pour le pays ».
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Le plan cible les secteurs les plus névralgiques de l’économie équato-guinéenne. Dans l’énergie, l’audit concerne notamment Gepetrol (pétrole), Sonagas (gaz naturel) et la Segesa (électricité). Les télécommunications sont également visées avec Getesa, Gecotel, Ortel et Gitge, gestionnaire des infrastructures numériques du pays. Le transport aérien et les infrastructures aéroportuaires sont inclus via Ceiba Intercontinental, Ceiba Aeropuertos et l’ADGE.
L’opération s’étend par ailleurs aux complexes hôteliers Sofitel Sipopo et Djibloho, ainsi qu’à des institutions stratégiques telles que le gestionnaire de projets publics GE-Proyectos, le centre national de délivrance des documents officiels (Cnedoge) et la société de développement immobilier Enpige. « Ce que l’on veut, c’est qu’elles cessent d’être un fardeau pour devenir des sources de revenus pour le pays », indique le gouvernement.
Cette vaste opération d’audit intervient dans un contexte marqué par plusieurs dysfonctionnements. En janvier 2025, le Comité directeur pour la restructuration des organismes autonomes signalait que Getesa, malgré un capital social de plus de 600 millions de FCFA, était incapable de présenter des justificatifs bancaires correspondants ou sa licence ministérielle d’exploitation. En octobre 2025, un audit avait également épinglé le directeur général de la Segesa pour avoir triplé son salaire mensuel, le portant à 9 millions de FCFA, sans l’aval du conseil d’administration.
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Cette initiative intervient dans un climat économique tendu. Avec des recettes budgétaires dépendant à environ 80 % du pétrole, la Guinée équatoriale subit l’impact de la volatilité des prix du brut. L’audit poursuit ainsi un double objectif : réduire les subventions publiques et transformer ces entreprises en leviers de diversification pour compenser l’érosion de la rente pétrolière.

