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Gestion du personnel de santé : au Cameroun, où en est-on avec le Comité interministériel créé en juin 2023 ?

Un an après la mise en place d’un Comité interministériel chargé d’examiner les revendications du personnel de la santé au Cameroun, les résultats se font toujours attendre. Face à cette situation, les concernés menacent de reprendre la grève dès la fin de ce mois.

Publiée mercredi 18 septembre 2024 à 17:14:12Modifiée mercredi 18 septembre 2024 à 17:14:15Temps de lecture 3 minPar Marius Zogo

Le ministre camerounais de la Santé Publique Manaouda Malachie

Au Cameroun, l’activité dans le secteur de la santé publique pourrait être perturbée au cours des prochaines semaines si les pouvoirs publics et le personnel de santé ne trouvent pas un consensus. La raison, ces derniers attendent toujours les résolutions de l'arrêté du 20 juin 2023 du Premier ministre Joseph Dion Ngute portant création, organisation et fonctionnement du Comité interministériel ad hoc. Ledit comité était pourtant chargé « d’examiner les revendications formulées par les personnels de santé et de faire les propositions de mesures concrètes à prendre pour leur prise en charge ».

Selon nos informations, les concernés qui visiblement semblent se lasser de la longue attente, grognent à nouveau. Le 12 septembre 2024, l’Organisation syndicale des travailleurs de la santé annonce par exemple pour le 30 septembre, une grève devant le ministère de la Santé publique (Minsanté) si les revendications restaient lettre morte. La corporation dénonce entre autres, « l’exploitation de plus de 27 000 temporaires travaillent sans salaire ni protection sociale ; le non-paiement des avancements et autre avantages au salaire du personnel ; le non reversement des personnels de santé relevant du Code du travail à la Fonction publique, ceci après plus de 10 ans de service », lit-on.

Quelques jours plutôt (6 septembre), c’est le Syndicat national des personnels des établissements/entreprises du secteur de la santé au Cameroun qui est monté au créneau pour annoncer une cessation d’activité au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHU) à compter du 7 octobre 2024. Dans ce préavis de grève consulté par EcoMatin, Sylvain Nga Onana déplore notamment : le non-paiement de la prime de fin de carrière aux personnels admis à faire valoir leurs droits à la retraite ; le non-respect du protocole d’accord relatif à la prise en compte financière des avancements d’échelon des années 2019 à date, etc.

L’arbitrage à la présidence de la République

De sources proches du dossier, le document a été transmis à la présidence de la République du Cameroun (PRC) « pour compétence ». « On nous a demandé d’attendre car, l’année dernière, nous avons fait des recensements, l’évaluation financière. Mais il était question que le dossier soit transmis à qui de droit parce que le Premier ministère n’a pas qualité de recruter. Nous avons également essayé de saisir la Très hiérarchie à propos jusqu’à date, rien », nous confie le syndicaliste Sylvain Nga Onana.

Au Minsanté, c’est le même raisonnement. Si l’on n’a pas pu avoir un aperçu du rapport du comité interministériel en instance au Palais de l’Unité, l’on apprend néanmoins que l’équipe gouvernementale a « rendu sa copie et l’a transmise à la PRC qui suit actuellement le dossier. Une importante réunion s'y est d'ailleurs tenue le 10 septembre à la PRC pour faire des propositions au président de la République », apprend-t-on

Du reste, on peut certes interroger les mobiles d’une telle lenteur dans le traitement du dossier, mais il convient de souligner que les plaintes formulées par le personnel de santé ne sont pas un cas isolé dans ce secteur un an après le lancement de la phase I de la Couverture santé universelle (CSU). Dans un document interne rendu public en août dernier, le Minsanté déclare qu’à date, « un peu moins de 7 milliards de Fcfa » ont été virés au profit des formations sanitaires. Ce qui laisserait transparaître un souci de financement de la CSU même s’il rassure sur une possible « amélioration » du montant en raison des « mécanismes de décaissement réguliers mis en place par le gouvernement ».

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