alios-cameroun-27-10-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Tawamba/Mopa Fatoing : qui va "tuer" l’autre ?

Comment en sont-ils arrivés là ? Depuis plus d’un an le DG des impôts (DGI) et le Président du Gicam, principal mouvement patronal du pays, sont en « guerre ». Dernier exemple en date, le 15 et 19 février dernier. Modeste Mopa Fatoing s’est rendu à Douala, pour présenter aux opérateurs économiques les contours des nouvelles mesures fiscales contenues dans la loi de finance de l’année 2021. Comme on pouvait s’y attendre, Célestin Tawaba avec lui le Gicam, qui regroupe les plus gros contributeurs du pays en termes de recettes fiscales, a tout simplement choisi de le boycotter. L’affrontement transcende le cadre professionnelle et est devenu un conflit d’individus. Une guerre de tranchée où chacun veut la tête de l’autre. Dans un climat économique incertain, où le gouvernement compte sur le secteur privé pour relancer la croissance, jusqu’où sont-ils prêts à pousser l’animosité ? Que se reprochent-ils ? Que nous réservent t-ils en 2021 ? A qui profite cette guerre fratricide? L’analyse de EcoMatin

Publiée jeudi 11 mars 2021 à 09:34:27Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 09:32:37Temps de lecture 6 minPar Franck KUN

ModesFopa
Célestin Tawamba PResident du GIcam, Modeste Mopa DGI
Fait partie du dossier: Décryptages et Analyses

A la direction générale des impôts, Modeste Mopa Fatoing n’est pas un homme à vadrouiller. Les sorties de celui qui dirige cette institution publique depuis 2013 sont rares, mais surtout minutieusement préparées par son cabinet. Ce fut encore le cas entre les 15 et 19 février dernier, dates auxquelles le natif de Guidiguis (dans le Mayo-Kani) s’est rendu dans la capitale économique Douala, afin de présenter aux opérateurs économiques les contours des nouvelles mesures fiscales contenues dans la loi de finance de l’année 2021. Dans la salle de conférence de l’hôtel la Falaise de Bonanjo, Modeste Mopa Fatoing a enchainé les réunions et les concertations. Entre les nouvelles mesures de soutien à la relance de l’économie, la promotion de l’import-substitution, les améliorations du climat des affaires, l’élargissement de l’assiette fiscale, la sécurisation des recettes ou encore le renforcement de la fiscalité locale...la gibecière du DGi était pleine de bonnes nouvelles pour les investisseurs.

Lire aussi : Loi de finances 2021 : le Directeur général des impôts présente les réformes fiscales

Selon des cadres de la Direction générale des impôts, les responsables d’environ 250 entreprises ainsi que les regroupements socio-professionnels ont pris part aux travaux de Douala. « Je peux affirmer que c’était une visite très fructueuse », s’est satisfait Mopa Fatoing à l’issue des travaux, dans une interview accordée au média à capitaux publics Cameroon Tribune. Le DGI a également fait état de contribuables « satisfaits » de cette descente initiée par les impôts.

Bilan mitigé

Au sein de l’opinion publique cependant, le bilan de cette opération de charme est diversement apprécié. Le succès proclamé par les responsables des Impôts y est d’ailleurs nuancé. Et pour cause, les absences du Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) tout comme celles des principales entreprises basées dans la ville de Douala ne sont pas passées inaperçues.

Lire aussi : Fiscalité : ce que cachent les bonnes performances de la DGI

Coïncidence de calendrier ou boycott ? Un responsable du Gicam joint par Ecomatin affirme n’avoir reçu aucune invitation de la DGI. La même source rapporte que certains de leurs membres ont reçu des invitations 48 heures avant la rencontre. Résultat des courses, ni les entreprises brassicoles, ni les Telcoms que l’on compte parmi les principaux contributeurs à l’assiette fiscale, n’ont pris part à ces travaux.

Si les dissensions entre le patronat et les structures chargées de la collecte des impôts sont aussi vieilles que le monde, la situation au Cameroun revêt un tout autre sens. Les incompréhensions semblent même avoir dépassé le cadre institutionnel pour se déporter sur les personnes. Et la réélection du président du Gicam le 16 décembre 2020, tout comme le maintien du directeur général des impôts à son poste malgré les appels à son limogeage, a d’avantage contribué à perpétuer le climat de tension.

De nombreux observateurs ont encore en souvenir la lettre adressée par Célestin Tawamba, au président de la République le 16 janvier 2020, pour se plaindre de l’attitude du patron de la direction générale des impôts. « Il n’a toujours pas digéré ça. C’est pourquoi il fait désormais sans nous», ajoute notre source au Gicam. Un fait inédit, mais surtout une mise en accusation et une demande implicite de son remplacement. Depuis lors, Mopa Fatoing s’est recroquevillé dans une carapace et bloque tout dialogue entre les deux organes.

Lire aussi : Soutien à l’entrepreneuriat : le Gicam inaugure son centre d’incubation

« Ce n’était pourtant que la manifestation d’un conflit latent dont les premiers signes remontent à 2017 », croit savoir un connaisseur du dossier. Selon lui, la crise qui existe entre le patronat et la DGI des crises multiformes auxquelles le Cameroun a dû affronter. Face à l’enlisement de la crise dans les régions anglophones, à la résurgence de Boko Haram, les autorités de Yaoundé auraient fait le choix stratégique de renforcer les caisses étatiques en serrant le tour de vis du recouvrement fiscal, ce qui n’a pas été du goût des patrons d’entreprise. « Pour preuve, c’est depuis cette date que la direction des impôts est devenue le premier poste de mobilisation des ressources publiques », ajoute-t-il.

« Les relations entre l’organisme de collecte et les contribuables ne peuvent jamais au beau fixe, relativise Mouliom Mazou, président de l’Association camerounaise pour la défense des droits des contribuables (ACDC) L’un veut mobiliser le maximum de ressources et les autres veulent payer le moins possible. Or s’il y a une trop grande complaisance de l’administration, on va se retrouver dans un paradis fiscal », renchérit-il.

Lire aussi : Budget 2021 : les principales innovations fiscales

Mopa Fatoing exécute-t-il une feuille de route tracée par sa hiérarchie ? Si tel est le cas, l’Impact de ce bras de fer sur le climat des affaires au Cameroun devrait être revisité. Le classement Doing business qui est l’un des plus consultés au monde en la matière, dispose en effet entre autres critères d’évaluation la charge fiscale qui pèse sur les entreprises, ainsi que la protection des investisseurs. La crise entre le Gicam qui regorge en son sein les principales entreprises camerounaises en terme de contribution à l’assiette fiscale et la DGI est une bombe à retardement, dans un contexte où la Stratégie nationale de développement a fixé comme cap celui de « porter le pays au rang des Nouveaux Pays Industrialisés (NPI) en 2035 ». Un objectif qui passe assurément par l’assainissement des rapports entre les différents acteurs de la sphère économique.

Lire aussi : Fiscalité : ce qui attend le contribuable camerounais en 2021

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Décryptages et Analyses
  • Tawamba/Mopa Fatoing : qui va "tuer" l’autre ?
Archive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumLa Guinée éauqtoriale se tourne vers les compteurs prépayésPolitiques PubliquesCameroun : une fraude aux compteurs prépayés coûte 1,4 milliard FCFA à SocadelL'ARSEL révèle le démantèlement d'un réseau de fraude aux recharges électriques, impliquant plus de 4 300 clients. Le régulateur estime le manque à gagner à 1,4 milliard de FCFA et pointe plusieurs failles dans le système de facturation.​ il y a 1 jourEpremiumDélestagePolitiques PubliquesCameroun/coupures d’électricité : 126 heures par client en 2025 selon l’ARSEL, 46 heures selon SOCADELLa mise en service complète du barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) n'a pas empêché une nouvelle dégradation de la qualité du service électrique au Cameroun. Selon l'ARSEL, la durée moyenne des coupures a augmenté de 29 % en 2025, alors que les volumes d'électricité injectés sur le réseau progressaient de 5,7 %.il y a 2 joursEpremiumeneoPolitiques PubliquesÉlectricité : le Cameroun prévoit 40 milliards FCFA par an jusqu'en 2029 pour restructurer la Socadel La Société camerounaise électricité devra se redresser avec 40 milliards dès 2027. Une enveloppe jugée « faible » par les conférences budgétaires, alors que son prédécesseur a laissé une dette de 850 milliards FCFA.il y a 2 joursEpremiumWhatsApp Image 2026-10-29 at 12.27.31Politiques PubliquesCameroun : l'État envisage de reprendre à sa charge la dette issue du contrat rompu avec TollcamPlus de deux ans après la suspension du partenariat avec Tollcam, le gouvernement camerounais cherche toujours à régler les conséquences financières de cette rupture. L’opérateur réclame 30 milliards FCFA à l’État.il y a 3 joursART - Orange Cmr1Politiques PubliquesCameroun : l’ART opère une mission d’inspection des investissements et réalisations d’Orange Cameroun à DoualaA l’issue d’un conclave tenu la semaine dernière dans la capitale économique, l’Agence de régulation attend des actions de l’opérateur et plusieurs décisions ont été prises.il y a 3 joursAlbert II de MonacoPolitiques PubliquesCameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreComme EcoMatin l’a annoncé en exclusivité en septembre dernier, l’arrivée du Souverain de Monaco au Cameroun, vingt-trois ans après, est une visite aux accents diplomatiques, alors que les échanges commerciaux entre les deux pays restent marginaux.il y a 3 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 5 jours2Groupe Ecobank : une assemblée annulée, des administrateurs menacés de révocation et une gouvernance sous tensionil y a 3 jours3Pétrole : la SNH impose aux futurs opérateurs de six blocs un minimum de 250 000 USD/an pour former les Camerounaisil y a 6 jours4Cameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreil y a 3 jours5Bertrand Mbouck prend la tête de Dangote Oil & Gas Cameroon, nouvelle société du groupe Dangote dédiée aux hydrocarburesil y a 3 jours6Produits pétroliers : comment le Cameroun a négocié son approvisionnement en carburants avec Dangoteil y a 3 jours7Le parapétrolier français Stapem Offshore ouvre une nouvelle succursale au Congoil y a 5 jours8Viande bovine : le Cameroun redoute une flambée des prix après l'arrêt annoncé des exportations tchadiennes en 2028il y a 2 jours9Cameroun : Elvis Berlin Mouafo élargit son empire commercial à la microfinanceil y a 5 jours10Guy Laurent Fondjo (Afriland First Bank Guinée) : « La signature de l’État guinéen inspire une forte confiance »il y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.