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Gouvernement Ngute : Jusqu’où ira cet homme ?

Dans l’équipe gouvernementale actuelle, Louis Paul Motaze est l’un des ministres dont le travail a eu des résultats et un impact important au cours des douze derniers mois.

Le 4 janvier 2019, Louis Paul Motaze (photo) est maintenu au poste de ministre des Finances au sein du gouvernement, avec comme nouveau Premier ministre Joseph Dion Ngute. Il est, à ce titre, un des plus expérimentés dans cette équipe gouvernementale au sein de laquelle il a occupé à deux reprises le poste de ministre de l’Economie et une fois celui de Secrétaire général des Services du Premier ministre (Sgpm). C’est dire la confiance que lui porte le chef de l’Etat, Paul Biya, pour continuer de mener à bien les dossiers qui lui incombent.

Et ils sont nombreux. Parmi les plus importants, il y a la poursuite des mesures structurelles diligentées sous l’égide du Fonds monétaire international (FMI). Elles portent sur l’amélioration de la viabilité budgétaire et la gestion du secteur public, le renforcement de la mobilisation des revenus non pétroliers, la réforme du système de passation des marchés publics, et la gestion de la Fonction publique et des entreprises étatiques.


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Le pilotage de ces réformes, conduit avec succès, a déjà permis au Cameroun de bénéficier de plusieurs financements. Au cours des 12 derniers mois, le Minfi et son équipe ont travaillé de manière à décrocher d’autres appuis budgétaires dans le cadre de la Facilitation élargie de crédits (FEC). Le programme, qui portait sur 3 ans, devrait s’achever en juin prochain avec beaucoup de satisfaction, pour un total de décaissement de 415 milliards de FCFA. Les autorités camerounaises devraient solliciter sa prorogation. Il faut signaler qu’en même temps, le ministre des Finances a continué de mener avec maestria les négociations avec d’autres institutions financières et partenaires au développement, à l’instar de la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD).

L’autre dossier sur lequel a continué le Minfi est celui de l’assainissement du fichier solde de l’Etat du Cameroun, avec l’opération de Comptage physique des personnels de l’Etat (Coppe) démarrée en 2018. Au cours de l’année dernière, cette maitrise de la masse salariale s’est poursuivie, avec notamment le débusquage de quelque 10 000 agents fictifs qui siphonnaient les caisses de l’Etat depuis de longues années. A ce jour, l’on estime que plus 20 000 fonctionnaires fictifs ont été débusqués et effacés du fichier solde de l’Etat. Ce qui a permis, selon certains calculs, de réaliser 36 milliards de FCFA d’économie par an, soit 3 milliards de FCFA chaque mois. A cela, il faut ajouter la réforme qui a conduit au virement individualisé des fonctionnaires et agents publics. Entré en vigueur en fin août, ce type de paiement a permis au Trésor public d’économiser quelque 200 millions de FCFA en un mois.


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Dans ce processus de rationalisation des dépenses publiques, le front est large. Raison pour laquelle Louis Paul Motaze s’est également penché sur la nécessité de maitriser les consommations courantes de l’Etat (eau, électricité, téléphone, loyers, etc.), les subventions accordées aux établissements publics, et la réforme des comptes d’affectation spéciale dans le but d’accroitre leurs performances. Pour ce dernier cas, l’on rappelle que la Chambre des comptes de la Cour suprême a toujours attiré l’attention du gouvernement sur le fait qu’au fil des exercices budgétaires, certains présentent une insuffisance d’informations, un dépassement des plafonds de ressources allouées à leur approvisionnement, et un défaut d’indication de la destination des excédents de recettes.


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En fait, le ministre des Finances a mis en branle la machine à réformes dans différents secteurs comme la douane camerounaise où il a engagé une purge contre les gabelous véreux, ou celui de la décentralisation avec des Collectivités territoriales décentralisées qui ont connu une véritable bouffée d’oxygène grâce aux fonds du Trésor public. Sans oublier les réformes engagées pour assouplir les modalités de mise en retraite et de paiement des pensions des retraités et autres pensionnés camerounais. En réalité, Louis Paul Motaze n’est pas un super ministre, mais on peut lui reconnaitre d’avoir été impulsé, au cours de la première année du gouvernement Dion Ngute, des changements importants.

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