Politiques PubliquesA la Une

Grande consommation : suppression des exonérations fiscales aux importations dès 2023

Cette décision est contenue dans une circulaire signée le 23 août 2022 par le président de la République. Pour l’accompagner, le gouvernement met actuellement en œuvre, plusieurs mesures qui visent à encourager les acteurs de la production locale.

Dès 2023, l’Etat du Cameroun veut accélérer la mise en œuvre de sa politique d’import-substitution. Parmi les stratégies élaborées par le gouvernement pour y parvenir, figure « La suppression des exonérations sur les importations portant sur les produits fabriqués localement ou disposant des substituts locaux, ainsi que celles nuisant au développement de certaines filières, afin d’encourager leur production locale et leur compétitivité » peut-on lire dans une circulaire signée par le président de la République le 23 août 2022. Pour certains économistes, cette mesure vise à «décourager les importations pour encourager la production locale ».

Cependant, les consommateurs se plaignent très souvent de la cherté des produits locaux. Tenez, une baguette de pain faite à base de farine de manioc ou de patate coûte 500 F pour 125 grammes, contrairement à celle faite à base de blé qui coûte actuellement 150 F. Les producteurs locaux sont conscients de cette situation. Pour se défendre, ils évoquent sans cesse les coûts très élevés du matériel qu’ils utilisent, sans oublier selon eux, les tracasseries douanières lorsqu’il faut importer ledit matériel. En réponse à ces derniers, le président de la République, prévoit dès 2023 dans la circulaire du 23 août, plusieurs mesures d’apaisement. Parmi celles-ci, « l’allègement de la charge fiscale sur les biens d’équipement et de production importés, ne disposant pas d’équivalent local… ».

Comme autre mesure évoquée dans cette circulaire, « la mise en œuvre du plan de soutien à la production et à la transformation des principaux produits d’importation (riz, maïs, blé, soja, mil, sorgho, poisson, lait… ». Concernant cette deuxième mesure, des initiatives sont déjà prises, notamment à travers plusieurs projets et programmes agricoles, comme le Projet de développement des chaînes de valeur d’élevage et de la pisciculture (Pdcvep) financé à hauteur de 65 milliards de F etc. Par ailleurs, le chef de l’Etat a ordonné au ministre des Finances le 5 juillet 2022, la mobilisation de 10,5 milliards de F au profit de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD), pour la production et le développement du blé. Aussi, l’Etat du Cameroun a décroché un prêt de 52 milliards de F en juin dernier auprès de la Banque islamique de développement (BID) au profit des riziculteurs Camerounais, afin de doper la production locale de riz.

Maintenant que les acteurs des importations seront contraints de faire des dépenses supplémentaires, ils voudront sans doute rattraper les dites dépenses dans la vente des produits à travers l’augmentation des prix sur le marché. Ce qui pourrait alimenter l’inflation, en attendant que les efforts qui seront consentis pour booster la production locale portent leurs fruits. Mais, pour François Samba Mbono, expert en politiques publiques, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. « L’Etat, pour éviter l’inflation peut faire recours à la mise en œuvre des prix homologués et s’assurer du respect scrupuleux de ceux-ci. Vous n’avez pas le droit d’aller au-delà d’un certain prix (…) Maintenant, il peut vous accorder certaines facilités, par exemple vous récupérez vos marchandises, au lieu que vous payiez la douane avant d’aller vendre, on vous dit de payer après avoir vendu ».

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page