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Guerre de communiqués entre le MINSEP et PICCINI sur la construction du stade d’Olembé

Le département ministériel et l’entreprise ont mis, sur la place publique, leurs dissensions au sujet de cette infrastructure sportive qui devrait accueillir la Coupe d’Afrique des Nations de football en 2021.

Il n’a pas fallu plus de 24 heures pour que l’opinion publique comprenne que les relations entre l’Etat du Cameroun et l’entreprise chargée de la construction du complexe sportif d’Olembé à Yaoundé sont définitivement rompues. Vendredi 29 novembre 2019, le ministère des Sports et de l’éducation physique fait publier un communiqué dans lequel il dit avoir résilié le contrat de l’entreprise PICCINI. Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports, fait en effet savoir qu’en sa qualité de maitre d’ouvrage, il a « procédé à la résiliation du contrat passé avec l’entreprise PICCINI pour la construction du Complexe sportif d’Olembé à Yaoundé, site retenu pour la CAN 2021 de football ».

Selon le gouvernement camerounais, cette décision a été prise au regard de graves défaillances de l’entreprise et de la violation de dispositions réglementaires et contractuelles. « La résiliation est décidée suite au constat de l’impossibilité, pour PICCINI, de livrer l’infrastructure dans les délais requis, à cause d’une longue période d’arrêt unilatéral des travaux suivi d’un abandon du chantier », fait savoir Narcisse Mouelle Kombi.

Suffisant pour que le groupe PICCINI, d’habitude peu disert, suive le même canevas que le MINSEP et produise un communiqué le lendemain, 30 novembre. L’entreprise italienne contredit les raisons invoquées par le gouvernement camerounais pour justifier la résiliation de son contrat. Ce d’autant plus que, selon elle, cette décision gouvernementale arrive alors que « les travaux se poursuivent sur le site, pour respecter les engagements mutuels pris à l’issue des réunions des 18 et 19 octobre 2019 dans le cabinet du ministre ».

GRUPPO PICCINI présente deux éléments qui « contredisent la décision du maître d’ouvrage dès lors qu’ils constituent de manière objective un gage de confiance et d’honnêteté des parties à honorer les engagements respectifs ». Selon les Italiens, la résiliation du contrat par le ministère des Sports intervient après que les autorités camerounaises aient confirmé cette volonté d’accompagner le projet, en attendant les décomptes, par une garantie bancaire en vue de permettre à l’entreprise de refinancer l’accélération du projet. Second élément, la résiliation se fait après la requête de prorogation des financements italiens à la date du 31 mars 2021 introduite par le gouvernement camerounais en date du 7 novembre dernier.

La complainte des Italiens changera-t-elle la position des Camerounais ? Rien n’est certain. Surtout dans la mesure où l’Etat semble avoir une dent contre l’entreprise pour n’avoir pas respecté les termes contractuels d’une convention d’accompagnement signée entre les deux parties et d’un acte de cautionnement ayant permis à PICCINI de bénéficier d’un prêt bancaire de 4 milliards de FCFA destinés au financement des travaux qui restaient à réaliser, en plus des divers décomptes et l’avance exceptionnelle qui ont été payés à l’entreprise.

Quoi qu’il en soit, pour les responsables de l’entreprise, il s’agirait ni plus ni moins de raisons fallacieuses pour l’évincer du contrat. PICCINI note en effet que l’entreprise canadienne MAGIL, appelée à reprendre les travaux, a été choisie avant la résiliation du contrat. Un argument qui rejoint une certaine opinion qui pense que cette situation aurait été pilotée depuis le secrétariat général de la présidence de la République, par ailleurs au centre de certains « scandales » autour de la gestion des travaux de construction des infrastructures réservées à la CAN 2021.

Au demeurant, les Italiens envisagent de s’en remettre à la justice pour que la situation soit clarifiée. « La décision du ministre est un acte administratif susceptible de tout recours approprié. Il va donc s’en dire qu’à défaut d’une annulation de cette décision dans les 72 heures, GRUPPO PICCHINI fera valoir ses droits et entamera les procédures pour protéger ses intérêts sur le plan national et international », conclut le communiqué.

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