La remontée des prix du pétrole, liée au conflit en Iran, pourrait générer un surplus de recettes pour l’État camerounais en 2026, selon la Division de la Prévision du ministère des Finances (Minfi). Dans un rapport publié en avril, intitulé « Le conflit iranien et l’économie camerounaise », l’administration indique que cette estimation repose sur un prix moyen du baril à 100 dollars sur l’année. « Le surplus sur les recettes pétrolières (redevance SNH et IS pétrolier) serait de l’ordre de 180 milliards FCFA », précise le document.
Cette projection est soutenue par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Dans un entretien accordé au quotidien public Cameroon Tribune, il indique qu’un collectif budgétaire pourrait être envisagé afin d’intégrer ces recettes additionnelles, si les cours se maintiennent.
Ce gain potentiel s’explique par la sensibilité des finances publiques aux prix internationaux du pétrole. Le Cameroun capte une partie de cette hausse à travers les redevances versées par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et l’impôt sur les sociétés pétrolières. Initialement, les projections arrêtées le 30 novembre prévoyaient une baisse des recettes pétrolières à 523,7 milliards FCFA en 2026, contre 641,5 milliards en 2025. Dans cette configuration, le pétrole représente environ 6 % du budget total (8 816,4 milliards FCFA) et près de 9 % des recettes internes (5 887 milliards FCFA). La hausse des cours viendrait ainsi relever mécaniquement sa contribution.
Un effet à double tranchant
Le rapport du Minfi souligne toutefois que cette amélioration des recettes s’accompagnera d’une hausse des dépenses de subvention des carburants, supportées par l’État pour contenir les prix à la pompe. Entre 2020 et 2024, ces subventions ont atteint un pic de 460 milliards FCFA en 2023, avant de reculer à 231 milliards en 2024, malgré plusieurs relèvements des prix. « Le montant des subventions augmenterait, mais à un rythme moins important que celui des recettes pétrolières », note le rapport.
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Au-delà du budget, le document met en évidence des effets indirects sur l’économie. Le Cameroun importe en moyenne 120 milliards FCFA de carburants du Moyen-Orient, soit environ 12 % de sa consommation. Une perturbation de ces flux, notamment via le détroit d’Ormuz, combinée à la hausse des coûts de transport et de l’énergie, pourrait accentuer l’inflation importée. Les produits importés, qui représentent 25 % du panier des ménages, avaient déjà enregistré des hausses de 5 % en 2022 et 5,6 % en 2023, dans le sillage du conflit russo-ukrainien.
Des réponses envisagées
Face à ces risques, la Division de la Prévision recommande plusieurs mesures. À court terme, elle préconise de renforcer le partenariat avec le groupe nigérian Dangote afin de sécuriser l’approvisionnement en carburant, ainsi que d’engager une concertation avec les acteurs de la filière, notamment les marketeurs.
À moyen terme, le rapport insiste sur l’accélération de la réhabilitation de la Sonara et sur le projet de raffinerie Cstar de la SNH à Kribi, afin de réduire la dépendance aux importations de produits raffinés. Il recommande également d’accélérer la mise en œuvre de la Zlecaf pour renforcer les chaînes d’approvisionnement régionales et fluidifier la circulation des biens essentiels.
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