Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEpremium

Guerre Iran-USA : Fitch met en garde les banques de la CEMAC contre les risques d’inflation

Avec 10 600 milliards de FCFA investis dans les titres publics et les prêts aux gouvernements, les banques de la CEMAC apparaissent plus que jamais liées au destin budgétaire des États. Fitch estime que le conflit irano-américain pourrait renforcer cette dépendance en dépit de recettes pétrolières attendues en hausse.

Publiée mardi 23 juin 2026 à 13:00:48Modifiée mardi 23 juin 2026 à 13:00:49Temps de lecture 4 minPar Cedrick JIONGO

Un bâtiment de Fitch Ratings
Un bâtiment de Fitch Ratings

Les banques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) devraient rester « résilientes » face aux conséquences du conflit entre les États-Unis et l’Iran, mais une flambée durable des prix du pétrole pourrait alimenter l’inflation et fragiliser leur solvabilité, a averti l’agence de notation Fitch Ratings dans une note publiée le 22 juin.

10 600 milliards FCFA de créances publiques

« Les profils de crédit des banques de la CEMAC devraient rester résilients face aux effets du conflit irano-américain, avec un impact limité sur leurs indicateurs de crédit », écrit Fitch. L’agence souligne toutefois que cette résilience repose sur un équilibre fragile, alors que les établissements de la sous-région demeurent fortement exposés aux finances publiques. À fin septembre 2025, les créances des banques sur les États et les entreprises publiques atteignaient 10 600 milliards de FCFA, soit 39 % de leurs actifs totaux. Près de 80 % de cette exposition était constituée de titres publics, faisant des banques les principaux financeurs des gouvernements de la région.

Lire aussi: Fitch s’aligne sur la décision de la COBAC de relever le capital minimum des banques à 25 milliards FCFA

Selon Fitch, la hausse des cours du pétrole consécutive à l’escalade militaire au Moyen-Orient devrait, dans un premier temps, profiter aux pays exportateurs d’hydrocarbures de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) grâce à des recettes budgétaires et extérieures supplémentaires. L’agence estime toutefois qu’une partie importante de cette manne sera absorbée par les dépenses publiques, notamment les investissements au Gabon et les subventions au Congo, limitant ainsi son impact sur les tensions persistantes de liquidité observées sur le marché régional des titres publics.

Risques de refinancement

Le principal risque identifié par Fitch concerne une hausse durable des prix de l’énergie. Bien que producteurs de pétrole brut, les pays de la sous-région restent dépendants des importations de produits raffinés. Une envolée prolongée du brut au-delà de 100 dollars le baril pourrait ainsi renchérir les coûts de transport, alimenter l’inflation, réduire le pouvoir d’achat des ménages et accroître les charges d’exploitation des entreprises. Dans ce scénario, la capacité de remboursement des particuliers et des PME pourrait se détériorer, entraînant une dégradation de la qualité des actifs bancaires. « Nous estimons que ces effets compenseraient largement toute amélioration de la qualité des actifs liée aux prêts souverains induite par la hausse des prix du pétrole », prévient Fitch.

Lire aussi: Guerre en Iran : le Cameroun pourrait engranger 180 milliards FCFA de recettes supplémentaires en 2026

L’agence met également en garde contre un éventuel durcissement des conditions de financement. Une inflation durablement élevée ou une baisse de l’appétit des investisseurs pourrait compliquer le refinancement des dettes arrivant à échéance, en particulier pour le Gabon et la République du Congo, deux pays dont les profils souverains demeurent fragiles. Une telle situation augmenterait le risque de pertes sur les créances publiques détenues par les banques et accentuerait les tensions de liquidité dans le système financier régional.

Créances douteuses

Cette mise en garde intervient alors que le secteur bancaire de la CEMAC reste confronté à des fragilités structurelles. À fin septembre 2025, le ratio de créances douteuses atteignait encore 16,7 %, même s’il s’inscrit en amélioration par rapport aux années précédentes. Le taux de couverture par les provisions demeure limité à 74 %, un niveau que Fitch juge insuffisant pour absorber un choc économique majeur dans un contexte d’incertitudes géopolitiques croissantes.

Lire aussi: Sans accord avec le FMI, le Gabon reste exposé au risque de défaut (Fitch)

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement Premium ou EcoMembre.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Guerre Iran-USA : Fitch met en garde les banques de la CEMAC contre les risques d’inflation
Fitch RatingsMoyen-OrientRecettes budgétairesGuerre Iran-USARisque d'inflation en zone CEMACLes banques de la CEMACExportateurs d'hydrocarbures
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Les Dirigeants de Bamboo Microfinance et d'Africa Bright Securities Présentent l'OpérationBanques et FinanceBamboo Microfinance séduit les investisseurs de Douala avec son emprunt obligataire de 5 milliards FCFAMille FCFA pour une obligation. Bamboo Microfinance casse les codes du marché obligataire de la CEMAC. Présentée aux investisseurs à Douala, son émission de 5 milliards de FCFA entend notamment élargir l’accès à ce type de placement.il y a 2 joursWhatsApp Image 2026-09-12 at 11.44.15 AMBanques et FinanceCEMAC : pour Charlotte Kouecheu, des banques mieux capitalisées peuvent davantage financer l’économiePrendre davantage de risques, financer des projets plus ambitieux et mieux absorber les défauts… Pour Charlotte Kouecheu Chekep, DG d’Union Bank of Cameroon, le passage du capital minimum des banques de 10 à 25 milliards de FCFA peut faire plus que consolider leurs bilans.il y a 2 joursESS Bourse2Banques et FinanceESS Bourse renforce ses standards de qualité avec une certification ISO 9001:2015La société de bourse du groupe Emrald Securities Services (ESS), implantée à Douala et Libreville, renforce ses standards de qualité avec l'obtention de sa première certification ISO 9001:2015, couvrant ses activités de conseil financier, d'intermédiation financière et de tenue de comptes-titres sur le marché financier de la CEMAC.il y a 2 joursEpremiumCAFRICA-POLITICSBanques et FinanceLa Centrafrique sollicite les banques pour racheter 10 milliards FCFA de dette sur le marché des titres publicsBGFI Bank, Ecobank, Afriland First Bank ou encore CCA Bank figurent parmi les établissements que Bangui va solliciter le 14 septembre pour son opération sur le marché régional. Le Trésor veut racheter par anticipation 10 milliards FCFA de dette arrivant à échéance d’ici décembre, tout en cherchant à mobiliser jusqu’à 27,5 milliards sur de nouvelles obligations.il y a 3 joursEpremiumDesign sans titre (42)Banques et FinanceCongo : Thystère Mayanith (Corridor AM) aux commandes d’un nouveau véhicule dédié à l’investissement et à la detteLe financier congolais prend les commandes de Blue Heritage Holding, nouvellement constituée à Brazzaville.il y a 3 joursEpremiumCapture d’écran 2026-09-10 à 13.26.32Banques et FinanceCongo : les dividendes rapatriés par les multinationales font exploser les sorties de revenusUne partie des bénéfices réalisés au Congo par les entreprises étrangères repart vers leurs actionnaires hors du pays. Ce mouvement a, cependant, pris une ampleur exceptionnelle selon le gouvernement.il y a 3 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 6 jours2Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 4 jours3Tchad : le nouveau Code du travail relève à 7 % l’indemnité de fin de CDDil y a 6 jours4Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 3 jours5Une société liée à Baba Danpullo entre au capital d’AGL Cameroun avec 31 575 actionsil y a 6 jours6Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 2 jours7Cameroun : Sodecoton ouvre un marché de 18,5 milliards FCFA pour le transport du cotonil y a 6 jours8Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 5 jours9La BVMAC se maintient dans le rouge avec une perte de 454 millions FCFA en 2025il y a 5 jours10Cameroun : le fisc menace de publier les noms des "hautes personnalités" qui n’ont pas déclaré leurs revenusil y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.