En Guinée équatoriale, la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) vient de se positionner pour financer deux projets dans les domaines de l’énergie et du gaz. En effet, la ministre déléguée au Trésor et au Patrimoine de l’État, Milagrosa Obono Angüe, et un représentant d’Afreximbank ont signé, le 13 juillet, deux accords comprenant un mémorandum sur la planification de la coopération au développement pour la période 2025-2027.
« Le premier document signé définit les conditions financières pour le financement de la dernière phase de la centrale hydroélectrique de Sendje. Le second porte sur un contrat d’assistance technique entre SONAGAS S.A. et Afreximbank, qui établit un mandat pour la mobilisation de financements destinés au développement du champ gazier EG-27, situé dans les eaux juridictionnelles équato-guinéennes », précise le Bureau d’information et de presse de la Guinée équatoriale.
La centrale hydroélectrique de Sendje, censée devenir la plus grande du pays avec une capacité de production estimée à 200 mégawatts, est un projet initié il y a plus d’une décennie. Toutefois, sa mise en œuvre a connu de nombreux retards, notamment en raison d’un différend persistant entre les autorités locales et l’entreprise ukrainienne Duglas Alliance, chargée de sa réalisation dans le cadre d’un contrat de 332,4 milliards de F CFA. En février 2025, aucun accord n’avait encore été trouvé sur le montant exact des travaux déjà réalisés. Lors d’une réunion tenue le 26 janvier 2025, présidée par le vice-président Nguema Obiang Mangue en présence du Premier ministre Manuel Osa Nsue et d'autres acteurs clés, il a été constaté que les prétentions financières de Duglas Alliance variaient fortement. À cette date, l’entreprise réclamait environ 30 millions d’euros (soit 19,6 milliards de F CFA), après avoir exigé jusqu’à 90 millions d’euros (environ 59 milliards de F CFA) pour les mêmes prestations.
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En parallèle, le développement du champ gazier EG-27 représente une opportunité stratégique pour la Guinée équatoriale, pays historiquement dépendant des revenus pétroliers. Ce projet ambitionne non seulement d’accroître significativement la production nationale de gaz naturel, mais aussi de contribuer à la création d’un hub gazier régional. Les réserves estimées du champ atteignent 3,7 billions de pieds cubes (Tcf), tandis que le projet Fortuna FLNG prévoit une capacité annuelle de production de 2,2 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette initiative arrive à point nommé, alors que la production pétrolière du pays ne cesse de décliner depuis 2010, avec une baisse moyenne annuelle de 7,4 %, passant de plus de 300 000 barils par jour à seulement 118 000 barils en 2022. Étant donné que près de 90 % des recettes d’exportation du pays proviennent traditionnellement du pétrole, cette chute progressive a entraîné un net ralentissement économique, avec un taux de croissance négatif de –5,8 % enregistré en 2023.
Au-delà du secteur énergétique, Afreximbank a également annoncé son intention d’appuyer la Guinée équatoriale dans d’autres domaines économiques au cours des deux prochaines années. Parmi les priorités figurent l’agroalimentaire, le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que le développement du commerce intérieur et extérieur. Une approche diversifiée qui pourrait permettre au pays de réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures, tout en consolidant ses bases économiques.

