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Guinée équatoriale : après le départ d’ExxonMobil, Obiang Nguema fait les yeux doux au russe Gazprom

Outre le géant pétro-gazier qui avait déjà renoncé à exploiter deux permis dans le pays au début des années 2010, le président équato-guinéen qui vient de rencontrer Vladimir Poutine a manifesté un vif intérêt pour une autre entreprise russe, Lukoil, déjà présente au Congo.

Publiée lundi 14 octobre 2024 à 17:30:00Modifiée lundi 14 octobre 2024 à 16:15:50Temps de lecture 3 minPar Jean Omer Eyango

Les présidents Vladimir Poutine et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo

La Guinée équatoriale dont l’économie est entrée en récession en 2023 à la suite d’une baisse de 12,8% de son Pib pétrolier, fait feu de tout bois pour relancer sa production pétrolière, au plus bas depuis 2021 – elle a chuté de 300.000 b/j en 2010 à près de 100.000 b/j depuis trois ans. Le président de la République, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui a rencontré le président russe Vladimir Poutine le 26 septembre à Mascou, a émis le vœu devant ce dernier de voir (enfin) s’implanter dans son pays la compagnie pétro-gazière publique russe Gazprom. Cette demande intervient quelques jours seulement après l’annonce officielle du départ du géant américain ExxonMobil du pays, poussé par l’assèchement progressif du champ pétrolier de Zafiro qu’il exploitait depuis une trentaine d’années. Le dirigeant équato-guinéen fait également les yeux doux à une compagnie stratégique russe, Lukoil, en l’occurrence, présente au Congo où elle détient 25% des actifs dans le projet Marine XII, composé de 5 champs pétroliers et gaziers parmi les plus importants du pays.

Après avoir échoué à s’implanter au Tchad en 2012, Gazprom qui importe du gaz naturel liquéfié du Cameroun - 34,05 milliards de pieds cubes à fin juin 2024 – et qui avait déjà renoncé à exploiter 2 permis en Guinée équatoriale en 2010 pourrait franchir le pas cette fois, dans un contexte où la Russie semble déterminée à renforcer ses engagements pétroliers dans la sous-région et y accroître son influence géopolitique. La question lancinante en ce moment se rapporte au rôle que cette méga entreprise et sa consœur privée Lukoil sont appelées à jouer dans l’échiquier pétrolier et gazier équato-guinéen. Puisque, avant son départ, ExxonMobil a signé un accord avec l’Etat de Guinée équatoriale pour le transfert de l’ensemble de ses actifs à GEPetrol, la compagnie pétrolière nationale. Cet accord place l’entreprise publique au centre du jeu en ce qui concerne l’exploitation du pétrole du gaz dans le pays. Bien plus, pour l’accompagner dans son projet visant à « construire un secteur des hydrocarbures de classe mondiale », l’Etat équato-guinéen a annoncé qu’il s’appuierait sur l’expertise d’un certain nombre de producteurs indépendants, à l’instar de Kosmos Energy, Africa Oil Corp, Panoro Energy, Trident Energy, ainsi qu’avec Chevron et Marathon Oil, EG LNG (gaz naturel liquéfié).

Lire aussi : Pétrole : la Guinée Équatoriale envisage une augmentation de sa production après le départ d’ExxonMobil

En Guinée équatoriale, la mise en exploitation de nouveaux champs et le relèvement de la production nationale sont une question de survie. Le gouvernement est engagé dans une course contre la montre et met tout en œuvre pour éloigner le scénario catastrophe projeté par le Fonds monétaire international (Fmi), à savoir que la production pétrolière du pays pourrait chuter de 50% entre 2024 et 2028. Le ministre des Hydrocarbures et du Développement minéral, Antonio Oburu Ondo, soutient par ailleurs que vieux champ de Zafiro, qui a fait l’objet de travaux de rénovation effectués par ExxonMobil, est « super-productif ». Les autorités équato-guinéennes qui défendent la thèse d’un potentiel très élevé du secteur des hydrocarbures disent œuvrer à rendre celui-ci plus attractif. Pour cela, elles ont mis en place un train de mesures qui visent, notamment, à accroître la rentabilité pour les investisseurs. Au plan fiscal, par exemple, les réformes entrées en vigueur cette année concernent : une réduction de l’impôt sur le revenu des sociétés de 35% à 25%, une réduction de l’impôt sur les dividendes de 25% à 10%, entre autres réformes visant à accroître la sécurité « pour les investisseurs américains grâce à de meilleurs rendements ».

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