Selon le Test prévisionnel de conjoncture de la Cemac au 3e trimestre 2024, l’activité des hydrocarbures en Guinée Equatoriale sur la période d’étude devrait être à mi-chemin entre la fois à la hausse et la baisse. De manière détaillée, sur le segment des activités pétrolières «la reconnexion de la plateforme Serpentina sur le champ Zafiro, ainsi que la mise en production prévue de nouveaux puits sur le bloc G, situé sur la partie continentale devrait inverser la dynamique de la production de pétrole brut qui deviendrait favorable au troisième trimestre 2024 », peut-on lire dans le document de la Beac. Du côté du gaz, la Beac annonce la « stagnation attendue au troisième trimestre 2024, du fait du déclin de la production de propane et butane, ainsi qu’une stabilité annoncée de la production de GNL et du méthanol ».
Lire aussi : Hydrocarbures : les enjeux de l’accord gazier entre la Guinée Équatoriale et le Nigeria
La bonne tenue des activités du secteur pétrolier ci-dessus annoncée intervient dans un contexte où les prévisions faites sur ce segment d’activités sont pessimistes surtout quand on sait que l’économie du pays est en grande partie adossée sur l’or noir (les recettes pétrolières représentent plus de 90% des recettes publiques en Guinée Equatoriale, Ndlr). Selon la Banque africaine de développement (BAD), sur les perspectives de croissance 2024 de ce pays de la Cemac : « la récession devrait se poursuivre, avec une baisse du PIB de 5% en 2024 et une chute de la production d’hydrocarbures de 6,3 %. Toutefois, la mise en valeur de nouveaux puits de gaz devrait relancer la production de gaz d’ici 2025 ». Un avis partagé par le Fonds monétaire international (FMI) qui projette un taux de croissance de -5,5% en 2024 contre -8,8% estimé en 2023, en lien avec la baisse de la production pétrolière. Pour 2024, il est alors prévu que ce pays produise 70 000 barils de pétrole par jour et les recettes pétrolières attendues à 1 235,3 milliards de Fcfa de recettes pétrolières représentant 80,5% des ressources de l’Etat, selon la loi de finances 2024.
Il convient de préciser que la production pétrolière de la Guinée Equatoriale a amorcé un déclin depuis 2022 où elle s’est chiffrée à 118 000 barils/jour contre 140 000 à fin 2021 et 306 000 en 2010, soit une baisse moyenne de 7,4% par an. Il est envisagé d’ailleurs que la production chute de 50% entre 2024 et 2028. Ceci en lien avec « la maturation des puits de pétrole et un accident survenu sur le grand champ pétrolier du pays (le champ de Zafiro, Ndlr) qui a réduit de deux tiers la production de ce champ », explique le FMI. Si la bonne tenue des activités annoncée durant ce trimestre se poursuit au 4e trimestre on pourrait alors penser alors que ces perspectives être revues d’ici la fin de l’année.
Les actions du gouvernement en renfort
Ainsi, la bonne tenue des activités du secteur pétrolier au 3e trimestre peut-être adossée aux actions entreprises par le gouvernement pour booster ce secteur. Il s’agit notamment de la conclusion en mi-juin de deux contrats de partage de production (CPP) entre la compagnie pétrolière publique GEPetrol et le groupe pétrolier américain Chevron ; la prolongation du contrat de Panoro Energy dans le champ de Ceiba jusqu'en 2029 et dans le complexe d'Okume jusqu'en 2034 ; la signature des contrats de partage de la production en 2023 avec la société Africa Oil Corp, sur les blocs EG-18 et EG-31.
Dans cette lancée, on note plus récemment la relance du projet de projet de raffinerie à système modulaire à Punta Europa, annoncé depuis 2020. D'une capacité de traitement de 1 000 à 10 000 barils de pétrole par jour ce projet gouvernemental sera implémenté par l'intermédiaire de la société Italienne Oil & Fuel Engineering. Ou encore la signature de l’accord gazier qui lie désormais le Cameroun et le Nigeria.

