Depuis 2010, la Guinée équatoriale a enregistré une baisse de sa production pétrolière de 7,4% en moyenne chaque année, passant ainsi de plus de 300.000 cette année-là à 118000 barils/jour en 2022. Le pays qui tire 90% de ses recettes d'exportation de la rente pétrolière depuis plus de 20 ans a ainsi vu progressivement son économie s'effondrer, atteignant même un taux de croissance du Pib de –5,8% en 2023. Diverses institutions prévoient qu'il reste en récession, avec un taux de croissance négatif d'environ -4,3% en 2024. Mais le gouvernement est engagé dans la mise en place d'une stratégie de redressement à moyen et long termes.
Mi-juin, le ministère des Mines et des Hydrocarbures a annoncé la conclusion entre la compagnie pétrolière publique GEPetrol et le groupe pétrolier américain Chevron, de deux contrats de partage de production (CPP). Ces contrats impliquent que le géant américain du pétrole des opérations d'exploration grandeur nature sur les blocs EG-06 et EG-11, qui disposent d'un potentiel énorme. Selon les autorités du pays, le bloc EG-11 couvre environ 1 242 km². Le bloc EG-06, quant à lui, est situé dans le puits Acestruz-1, dont le forage a commencé en 2017.
Le ministre des Mines et des Hydrocarbures, Antonio Oburu Ondo, explique que la signature de ces contrats de partage de production marque une étape importante dans nos efforts continus pour revitaliser le secteur en amont. « Ce partenariat témoigne de l'engagement de la Guinée équatoriale à améliorer l'exploration et à stimuler la production offshore. Nous pensons que ces investissements entraîneront une résurgence de notre industrie pétrolière et gazière, contribuant ainsi de manière significative à notre économie nationale […] Nous sommes convaincus que le développement des blocs EG-06 et EG-11 ne permettra pas seulement d'accroître la production de pétrole, mais aussi de soutenir nos efforts en matière de sécurité énergétique. Le ministère reste déterminé à créer un climat d'investissement attrayant et à encourager les partenariats qui favorisent la croissance durable et la prospérité en Guinée équatoriale », souligne-t-il.
Outre la prolongation du contrat de Panoro Energy dans le champ de Ceiba jusqu'en 2029 et dans le complexe d'Okume jusqu'en 2034, le gouvernement équato-guinéen a signé d'autres contrats de partage de la production l'année dernière avec cette société (EG-01) et Africa Oil Corp, sur les blocs EG-18 et EG-31. Pour le bloc 27 qui abrite le champ gazier inexploité de Fortuna, l'entreprise publique GEPetrol recherche 3,1 milliards de dollars, soit environ près de 2000 milliards de Fcfa pour développer plus de 3,8 trillions de pieds cubes de gaz en place.

