En Guinée Equatoriale, l’Etat a annoncé au sortir d’une réunion présidée par Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de ce pays de la Cemac le 13 septembre 2024, qu’il procédera à l’audit de la Guinea Ecuatorial Comunicaciones Sociedad Anonima (Gecomsa), société créée en 2012 et détenue à 51% par l’Etat et 49% par le chinois ICTE. Selon le site officiel du gouvernement, l’audit annoncé vise à enquêter sur les raisons de la faillite ces dernières années, de cet opérateur de téléphonie mobile créé il y a 12 ans. En effet, il s’agira d’examiner comment l’entreprise a atteint le point de faillite, où se trouvent les bénéfices et quelle est la valeur actuelle de ses actifs.
D’après le rapport préliminaire, trois principaux facteurs auraient concouru à la décadence de la Gecomsa. Premièrement, « de 2013 à 2020, l’Etat qui était alors actionnaire majoritaire de l’entreprise, a acquis une dette de 12,244 milliards de Fcfa en services », indique le portail gouvernemental. Pour ce dernier, la situation de Gecomsa s’est empirée avec ses dettes sous contrat avec Ortel (Organisme de réglementation des télécommunications de Guinée équatoriale) et Gitge (gestionnaire de l’infrastructure des télécommunications de Guinée équatoriale). Ajoutés à cela la vétusté de ses infrastructures qui ne lui auraient pas permis d’améliorer sa situation financière.
Le Conseil d’administration de l’entreprise prévoit déjà de rechercher les ressources externes pour financer l’entreprise et payer ses dettes afin qu’elle puisse revenir sur le marché. Cependant, Nguema Obiang Mangue a précisé que l’Etat donc deux alternatives, soit privatiser l’entreprise ou alors reprendre les parts laissées par ICTE depuis le 18 avril 2023. « L’Etat dont la part était d’utilité militaire, a été déclaré actionnaire unique de l’entreprise », souligne Malabo. De plus, Gecomsa restera sous la tutelle de Getesa (l’opérateur historique des télécommunications en Guinée Equatoriale) pendant les travaux d’audit qui permettront déterminer l’avenir de l’opérateur.
Gecomsa avait pourtant vu le jour pour « palier les insuffisances enregistrées dans le secteur des télécommunications. ». Toutefois, 8 ans après son arrivée, « La lettre d’Afrique centrale » publiée par la Direction générale du Trésor (DGT) français en octobre 2020 déplorait qu’en Guinée équatoriale, « les investissements réalisés dans le secteur des TIC restent insuffisants pour rattraper le retard sur les pays voisins ». Pour étayer son argumentaire, le document relevait un taux de pénétration d’internet de 26% assorti des disparités entre Malabo, Bata et le reste du pays. Plus loin, la DGT française, faisant recours à l’Union internationale des télécommunications (UIT), classait le pays de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo parmi ceux dont le coût à l’accès à internet est le plus cher au monde. Pour preuve, il fallait à cette période précise, dépenser 31 Euros pour bénéficier de 1 Gigaoctect (Go) soit un peu plus de 2 000 Fcfa contre en moyenne 1 000 Fcfa au Cameroun.

