En Guinée équatoriale, l'Institut de Sécurité Sociale (INSESO), l’organisme public chargé de la sécurité sociale des travailleurs, est accusé de « défaillances de contrôle » et « utilisation opaque des ressources publiques ». Un audit mené par le cabinet international Deloitte couvrant l’exercice 2025 met en lumière des dépenses non justifiables d’un montant global de 7,47 milliards FCFA.
L'information a été présentée le 10 avril dernier par le service de communication de la présidence au lendemain d'une réunion présidée par le Vice-président de la République, avec la participation de plusieurs membres du Gouvernement et de la direction générale de l'INSESO.
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Selon le rapport de Deloitte, l’INSESO souffre d’un « manque criant de rigueur administrative et financière relevant notamment l’absence de registres comptables fiables, une faiblesse des mécanismes de contrôle interne et une désorganisation budgétaire ». Ces lacunes ont favorisé des pratiques jugées irrégulières, notamment l’attribution de marchés sans formalisation contractuelle, comme un chantier confié à Yeda Construcciones pour plus de 1,28 milliard de FCFA.
L’audit relève également des « dépenses discutables » dans les prestations de services, avec des paiements mensuels de 500 millions de FCFA à JPN Abogados y Consultores, « en dépit de compétences juridiques internes, ainsi que 160 millions de FCFA supplémentaires sans justification claire ». Les acquisitions de l’organe qui a pour président du conseil d’administration Manuel Osa Nsue Nsua, apparaissent tout aussi problématiques : un budget initial de 280 millions FCFA pour l’achat de 28 véhicules a été dépassé pour atteindre 1,38 milliard FCFA, sans preuve d’intégration au patrimoine de l’institut ; l’achat d’une unité mobile médicale de 328 millions FCFA, introuvable plus d’un an après, ou encore l’acquisition de médicaments pour plus de 3,15 milliards de FCFA sans documentation justificative.
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Selon le compte rendu des services gouvernementaux, les fonds présumés détournés constituent près de 60% des subventions de l'État et des cotisations des assurés collectées entre janvier et décembre 2025.
Face à la gravité des faits, le vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a licencié l’équipe de direction actuelle et ordonné l’ouverture d’une enquête par la Gendarmerie nationale. « La nouvelle direction de l’institut dispose de trois mois pour engager un plan de redressement conforme aux recommandations de l’audit, sous peine de sanctions immédiates », a exprimé Teodoro Nguema Obiang.
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