(AFP) Le Tchad va déployer 750 membres des forces de sécurité dans le cadre de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti, supervisée par les Nations unies, a appris l'AFP mardi de sources militaire et diplomatique.
Haïti, pays le plus pauvre d'Amérique, est rongé depuis des années par la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements. La situation s'est aggravée depuis début 2024, quand le Premier ministre de l'époque Ariel Henry a été poussé à la démission par ces groupes armés. "750 militaires sous la couverture de la police et de gendarmerie vont intégrer la force de répression des gangs (FRG) à la demande des Nations Unies", a indiqué à l'AFP un officier tchadien sous couvert d'anonymat. Ce déploiement a été confirmé par le ministère tchadien des Affaires étrangères.
Les gangs, qui contrôlent la quasi-totalité du territoire de la capitale Port-au-Prince "ont étendu leur influence au-delà de la capitale" ces 12 derniers mois, selon l'ONU.
Menaces sécuritaires au Tchad
"Le départ du premier contingent est prévu fin mars et leur déploiement se déroulera jusqu'en juin", a ajouté l'officier tchadien. "Le Tchad répond à un appel des Nations unies qui jouent un rôle de supervision et de soutien logistique pour la FRG", a-t-il précisé.
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Le Tchad, pays pauvre d'Afrique centrale, est-lui même confronté à plusieurs menaces, dont la guerre au Soudan voisin, qui déborde régulièrement sur son territoire, au point que la frontière commune est fermée depuis le 23 février. Le pays accueille par ailleurs près d'un million de réfugiés soudanais.
L'armée tchadienne est également mobilisée par la persistance des combats avec des groupes rebelles, qui ont fait plusieurs morts dans le sud à la mi-janvier, ainsi que par la menace des groupes jihadistes dans la région du Lac Tchad.
Initiative américaine
En Haïti, la FRG est une mission multinationale qui appuie la police dans ses opérations contre les gangs, et remplaçant, à l'initiative des Etats-Unis et du Panama, soutenus par Haïti, la mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS). Le Conseil de sécurité de l'ONU avait donné son feu vert en 2023 à la création de cette mission multinationale menée par le Kenya mais la force, sous-équipée et sous-financée, n'a déployé qu'un millier d'hommes sur les 2.500 espérés et ses résultats se sont révélés mitigés.
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La nouvelle force, qui n'est pas une mission de maintien de la paix de l'ONU, pourra compter un maximum de 5.500 personnels en uniforme, des policiers mais aussi des militaires, contrairement à la MMAS. Dix-huit pays se sont engagés à fournir des forces de sécurité à la FRG. Des pays africains seront particulièrement investis, aux côtés du Sri Lanka et du Bangladesh. Certains pays d'Amérique latine ont également fait part de leur volonté de contribuer.
1,4 million de déplacés
Des opérations de la police haïtienne sont menées quotidiennement dans le centre-ville de Port-au-Prince avec l'appui de la FRG et d'une entreprise de sécurité privée. Le pays, qui n'a pas connu d'élections depuis 2016, est depuis dirigé par des autorités de transition qui ne parviennent pas à enrayer la violence, mais ont annoncé l'organisation d'élections législatives et présidentielle à l'été 2026.
Les violences perpétrées par les gangs et les attaques visant ces derniers en Haïti ont fait plus de 5.500 morts entre mars 2025 et mi-janvier, selon un nouveau rapport du Haut- Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme publié mardi. Selon un récent rapport de l'Unicef, environ 1,4 million de personnes ont été déplacées dans le pays en raison des violences dans la capitale, soit plus de 10% de la population, dont plus de 740.000 enfants.
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