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Conjoncture

Huit nouveaux migrants expulsés des Etats-Unis vers la Guinée équatoriale

Malgré une plainte déposée devant la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples, la Guinée équatoriale continue de recevoir des migrants expulsés des États-Unis. Huit nouvelles personnes sont arrivées à Malabo le 18 juin, portant à quarante le nombre de transferts réalisés depuis la fin de l'année 2025.

Publiée mardi 23 juin 2026 à 10:46:49Modifiée mardi 23 juin 2026 à 10:46:50Temps de lecture 3 minPar Laurent Onguene

Huit nouveaux migrants expulsés des États-Unis, originaires de Jamaïque, d'Ouganda, d’Érythrée, du Sénégal et de République démocratique du Congo (RDC), sont arrivés en Guinée équatoriale jeudi, a indiqué lundi l'un de leurs avocats à l'AFP.

La Guinée équatoriale fait partie des pays africains qui ont accepté de participer à un dispositif migratoire américain contesté d'envoi de ressortissants étrangers en situation irrégulière aux États-Unis vers des pays tiers, dont le Cameroun, la Centrafrique, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, l'Eswatini et la République démocratique du Congo (RDC).
Ces huit personnes expulsées des États-Unis sont arrivées le 18 juin à Malabo, l'ancienne capitale de Guinée Équatoriale, a indiqué Lucas Olo Fernandes, avocat et membre de l'ONG Commission des juristes de Guinée équatoriale. Il s'agit du quatrième vol transportant des migrants expulsés des États-Unis vers ce petit pays d'Afrique centrale. Les intéressés sont depuis retenus dans un hôtel à proximité de l'aéroport de Malabo.

Lire aussi: États-Unis : une vingtaine de migrants expulsés vers la Centrafrique

Au total, 40 personnes ont été transférées en Guinée équatoriale depuis fin 2025 en échange du versement par Washington de 7,5 millions de dollars (6,4 millions d'euros), selon un rapport du Sénat américain publié en février. En vertu de cet accord, les États-Unis peuvent expulser vers la Guinée équatoriale des personnes qui avaient été protégées par la justice américaine d'une expulsion vers leur pays d'origine en raison de craintes pour leur sécurité - un statut qui confère des droits moins étendus que l'asile.

Ces expulsions sont devenues un élément essentiel de la politique anti-immigration menée par le président américain Donald Trump, même si leur légalité est contestée en justice aux États-Unis et à l'étranger. Début juin, une plainte a été déposée auprès de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples — la principale instance africaine en matière de droits humains - afin de suspendre ces expulsions vers la Guinée équatoriale.
Cette plainte vise également à empêcher la Guinée équatoriale de renvoyer ensuite ces expulsés vers leurs pays d’origine.

Lire aussi: Le Rwanda accueillera jusqu'à 250 migrants expulsés des Etats-Unis, annonce son gouvernement

Le vice-président équatoguinéen, Teodoro Nguema Obiang, Mangue a condamné cette démarche quelques jours plus tard dans une publication sur X, arguant que Malabo "avait toujours agi dans le respect de la dignité humaine, en garantissant à chaque personne la liberté de choisir sa destination et en fournissant l'accompagnement nécessaire".

© Agence France Presse

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