Le géant énergétique italien Eni, cible six blocs pétroliers offshores en Guinée Equatoriale. Le groupe coté à Milan a signé, le 26 février 2026 à Malabo, un accord de reconnaissance avec le ministère des Hydrocarbures et du Développement minier du pays, selon un communiqué gouvernemental publié le 4 mars. Le document porte sur l’évaluation des blocs offshore EG-22, EG-15, EG-16, EG-17, EG-05 et EG-10. La délégation de la société pilotée par Claudio Descalzi était conduite par Giovanni Gattolin, responsable des initiatives d’exploration en Afrique subsaharienne, et Andrea Cozzi, en charge de l’évaluation stratégique. « La République de Guinée Équatoriale demeure attachée à sa Politique de Portes Ouvertes pour toute entreprise respectant les obligations techniques, opérationnelles et légales », a indiqué le ministère.
L’accord, d’une durée de 21 mois, encadre un programme d’analyse technique des données disponibles sur ces périmètres contractuels. D’après la note ministérielle, la multinationale italienne examinera le potentiel pétrolier avant toute négociation de contrats de partage de production (CPP), conformément à la législation en vigueur. Le texte prévoit également un plan de formation destiné aux équipes techniques du ministère ainsi qu’aux sociétés nationales d’hydrocarbures et de gaz GEPetrol et Sonagas. Pour Malabo, l’objectif est d’accélérer la promotion du domaine minier dans le cadre du plan national de relance du secteur pétrolier.
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L’attrait d’Eni à Malabo intervient dans un contexte de recul structurel de la production du pays, estimée autour de 60 000 barils par jour début 2026, contre plus de 300 000 b/j au pic des années 2000. Pour l’État, l’enjeu porte sur la stabilisation des recettes budgétaires et des exportations d’hydrocarbures, qui concentrent l’essentiel des entrées en devises. Pour la société italienne, l’opération s’inscrit dans une stratégie d’expansion ciblée en Afrique centrale afin de renouveler ses réserves. En cas de résultats jugés exploitables d’ici 2027, la phase suivante pourrait mobiliser de investissements directs, avec des implications sur l’emploi local, la sous-traitance et les finances publiques.
Historiquement, la Guinée Équatoriale, plus petit producteur de l’OPEP, a longtemps vu ses blocs pétroliers dominés par des majors américaines dont ExxonMobil et Marathon Oil. Face à la maturité des champs historiques, les autorités cherchent à diversifier leurs partenaires. Déjà implanté en Angola et en République du Congo, notamment dans le gaz naturel liquéfié, le groupe italien étend ainsi son empreinte dans le golfe de Guinée. L’issue des travaux d’évaluation déterminera la capacité du pays à relancer l’exploration pétrolière ou à réorienter sa stratégie vers le gaz.
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