Le cours du pétrole brut gabonais a connu une dépréciation significative sur le marché international. Entre 2022 et 2024, le prix du baril a chuté d'au moins 10 dollars, passant sous la barre de 80$. Pour l'exercice 2024, au moins quatre multinationales, dont TotalEnergies, Panoro Energy, Vaalco et Maurel & Prom, confirment avoir mis en œuvre diverses stratégies pour stabiliser leurs performances par rapport à 2023, suite à cette dévalorisation. Selon les récents rapports d'activité annuels consultés par EcoMatin, ces entreprises ont soit augmenté leur production, soit compensé une baisse de leur chiffre d'affaires ou simplement concéder la chute des revenus. Cette situation est principalement imputée à la baisse des prix du pétrole brut extrait des gisements gabonais.
Au Gabon, ces multinationales du secteur pétrolier produisent plusieurs types de brut, notamment le Rabi Light, le Rabbi Blend (les qualités les plus importantes du pays), l'Etame, le Dussafu, l'Oguendjo, le Lucina, le Nc et le Mandji. Selon les déclarations de compagnies comme TotalEnergies et Panoro Energy, le baril de brut extrait des gisements gabonais a été vendu à un prix moyen de 77,2 dollars en 2024. Ce chiffre représente une légère baisse par rapport à 2023, où les prix oscillaient autour de 77,5 dollars, et une diminution de 18 % comparé à 2022 (94,2 $/b).
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Pour compenser cette baisse, TotalEnergies a augmenté ses volumes de vente de brut de 6 %, atteignant 5,7 millions de barils, avec une production journalière de 17 000 barils (+8 %). Cette stratégie a permis à l'entreprise de réaliser un chiffre d'affaires de 465 millions de dollars (environ 292,1 milliards de FCFA) en 2024, en hausse de 5 % par rapport à 2023 (444 millions de dollars, soit 278,9 milliards de FCFA). Une situation similaire a été observée pour Panoro Energy.
Contrairement à TotalEnergies, Vaalco Energy a rencontré des difficultés en 2024. L'entreprise a enregistré une baisse de production de 13 % par rapport à 2023, passant de 10 066 barils par jour à 8 719 barils par jour. Cette diminution de la production a entraîné une chute de 18 % des ventes au prix de 67 dollars le baril et une baisse de 22 % du chiffre d'affaires, qui est passé de 260,4 millions de dollars à 202,2 millions de dollars. Le producteur américain, quatrième plus grand sur la scène gabonaise, projette de lancer en 2025 une nouvelle campagne de forages de plusieurs puits pétroliers sur le champ offshore d'Étame-Marin aux larges du pays, pour mieux se maintenir. Un investissement de 200 millions de dollars (soit121,2 milliards de Fcfa), avait été annoncé en octobre dernier a cet effet.
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Il faut noter que la baisse des cours du pétrole gabonais s'inscrit dans une tendance mondiale plus large. Selon les prévisions de la Banque mondiale, publiées dans son rapport "Commodity Markets Outlook 2024" en octobre dernier, le prix moyen du baril de pétrole devrait atteindre 80 dollars à la fin de 2024, et une baisse significative des prix mondiaux des matières premières est anticipée jusqu'en 2026. Cette projection s'explique principalement par un excédent de pétrole considéré comme "si important" qu'il pourrait atténuer l'impact des fluctuations de prix. Selon les données récentes de l'OPEP+, le prix annuel moyen du pétrole brut a chuté de près de 20 % depuis 2022, passant d'une moyenne de 100,08 dollars à seulement 81,83 dollars cette année.
Pour 2025, l'OPEP prévoit une consommation mondiale de 105,27 millions de barils par jour, en hausse de 103,82 millions de barils par jour en 2024.Ce qui pourrait contribuer à relever les prix du pétrole brut gabonais sur le marché international.
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