ReconAfrica, junior pétrolière cotée à Toronto (Canada), a révélé, le 16 avril 2026, les dessous de l’accord conclu avec l’État gabonais pour le bloc offshore Ngulu, dans son rapport annuel publié sur la plateforme SEDAR+. Signé le 8 septembre 2025 avec la République du Gabon, la Gabon Oil Company (GOC) et Record Resources, le contrat de partage de production porte sur un périmètre de 1 214 km², détenu à 55 % par Reconnaissance Energy Africa Ltd, operateur, contre 20 % pour son partenaire technique Record, 15 % pour la GOC et 10 % pour l’État en participation portée. « La société a versé 5 millions de dollars (environ 3 milliards FCFA) à la République du Gabon lors de la clôture », précise le document.
Le montage repose sur un portage des coûts par ReconAfrica sur la phase initiale, c’est-à-dire que l’opérateur finance seul les dépenses d’exploration pour le compte de ses partenaires avant récupération en cas de découverte commerciale. L’entreprise s’engage ainsi sur un programme de 36 millions de dollars (environ 21,6 milliards FCFA) sur huit ans, structuré en deux phases de quatre ans, incluant deux puits estimés à 15 millions de dollars chacun (environ 9 milliards FCFA), selon le rapport.
La première phase prévoit 19 millions de dollars (environ 11,4 milliards FCFA) d’investissements, dont 2 millions de dollars (1,2 milliard FCFA) pour les études géologiques et 2 millions de dollars (1,2 milliard FCFA) pour le retraitement sismique 3D, engagé en janvier 2026. ReconAfrica paie également les premières dépenses de son partenaire Record et, en échange, obtient la priorité pour investir sur ses futurs projets au Gabon pendant deux ans. Le projet vise une évacuation rapide de sa production via les infrastructures opérées par Perenco à proximité du bloc.
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Pour l’État gabonais, l’accord combine paiements initiaux et revenus liés à la production. Outre le bonus de signature de 5 millions de dollars (environ 3 milliards FCFA), le contrat prévoit des primes de production de 1 à 5 millions de dollars (entre 600 millions et 3 milliards FCFA) entre le démarrage et 25 millions de barils cumulés, ainsi qu’une redevance de 8 % sur le brut, selon le contrat. Des contributions annuelles d’environ 400 000 dollars (240 millions FCFA) sont exigées en phase d’exploration pour le financement public, la formation et le développement local, montant porté à plus de 1 million de dollars par an (plus de 600 millions FCFA) une fois en phase de production.
Le bloc Ngulu s’inscrit dans une zone où le champ de Loba, découvert en 1976, avait mis en évidence des réservoirs pétroliers dans la formation de Batanga, d’après ReconAfrica. Le permis cible également des prospects encore peu exploités.
L’opération intervient dans un contexte de repli de la production pétrolière du Gabon, passée de 230 000 barils par jour courant 2025 à 210 000 b/j en mars 2026, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), alors que les cours du brut évoluent en hausse, au-dessus de 100 dollars. Cette révélation suit l’accord signé le 15 avril 2026 entre Libreville et Trafigura pour la commercialisation exclusive du pétrole de l’État contre une avance de 1 milliard de dollars (environ 600 milliards FCFA).
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