Les ressortissants camerounais et gabonais sont désormais sous le coup d'une potentielle interdiction d'entrée aux États-Unis, risquant de rejoindre dans les 60 prochains jours une liste de nations dont les citoyens font face à de sévères restrictions de voyage. En effet, l'administration du président américain Donald Trump, invoquant des préoccupations cruciales en matière de gouvernance, de sécurité et de coopération, envisage d'étendre massivement ces mesures restrictives. Selon un document interne du département d’État consulté par Reuters, « Le département a identifié 36 pays préoccupants qui pourraient faire l’objet d’une recommandation de suspension totale ou partielle de l’entrée s’ils ne répondent pas aux critères et exigences établis dans les 60 jours. » Parmi eux figurent également les citoyens de la Côte d'Ivoire, du Bénin, et de nombreuses autres nations africaines.
Pourquoi ces restrictions ?
Cette extension des restrictions en Cemac et dans le monde en général, s'inscrit dans la continuité de la répression de l'immigration lancée par le président Trump au début de son second mandat. Reuters précise que le document diplomatique interne, signé par le secrétaire d'État américain Marco Rubio, détaille les préoccupations : l'absence d'un gouvernement compétent ou coopératif pour produire des documents d'identité fiables, la « sécurité douteuse » des passeports, le manque de coopération pour faciliter l'expulsion de leurs ressortissants des États-Unis, ainsi que des taux importants de dépassement de la durée de validité des visas. D'autres raisons évoquent l'implication de ressortissants de ces pays dans des actes de terrorisme ou des activités antisémites et antiaméricaines sur le sol américain, bien que toutes ces préoccupations ne concernent pas tous les pays mentionnés.
Pour le Cameroun, le Gabon et les autres pays visés, ces restrictions pourraient avoir des conséquences significatives. Si les critères et exigences ne sont pas respectés dans le délai imparti de 60 jours, leurs citoyens pourraient faire face à une interdiction totale ou partielle d'entrée aux États-Unis. Un haut responsable du département d’État a déclaré que « Nous réévaluons constamment les politiques pour assurer la sécurité des Américains et que les ressortissants étrangers respectent nos lois ». Concrètement, cette menace met une pression considérable sur Yaoundé et Libreville pour démontrer leur conformité aux exigences américaines en matière de sécurité et de gestion de l'immigration.
CEMAC entre riposte et attentisme
Au sein de la communauté de la CEMAC, ces restrictions suscitent de vives critiques et des réactions divergentes parmi les pays membres. C'est le cas du Tchad qui a promptement réagi suite au décret initial du 4 juin, interdisant également la délivrance des visas tchadiens aux Américains. Cette fermeté initiale a porté ses fruits, le Tchad ayant réussi à décrocher des pourparlers avec les États-Unis pour la normalisation des relations en matière de visas, un développement notable qui a fait suite à une semaine de vives tensions. Pendant ce temps, le Congo et la Guinée Équatoriale, pourtant tous deux visés par le premier « travel ban », affichent des postures différentes.
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Malabo qui s'était pourtant montrée favorable à accueillir des ressortissants américains expulsés sur son territoire, opte désormais pour le déconseille à ses citoyens de voyager vers les USA. Brazzaville (Congo), quant à elle, continue d'opter pour le silence radio face à cette politique migratoire américaine. Ces réactions contrastées soulignent les défis auxquels sont confrontés les États africains face à la politique migratoire restrictive de l'administration Trump, qui, lors de son premier mandat, avait déjà mis en œuvre une "interdiction des voyageurs" visant sept pays à majorité musulmane, confirmée par la Cour suprême en 2018.

