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Importations : que vaut le contrôle technique à l’entrée des marchandises au Cameroun ?

Après la polémique sur les huiles végétales raffinées ne respectant pas la norme, l’affaire des couches jetables présentant des risques sur la santé des bébés, est venue jeter le doute sur les inspections médico-sanitaire, vétérinaire, environnementale et phytosanitaire effectuées sur les produits qui entrent dans le pays.

A la suite d’une alerte lancée par l’Agence des normes et de la qualité (Anor), le 31 janvier dernier, laquelle faisait état de ce que des couches jetables en provenance de la France, déjà présentes sur le marché camerounais, présentaient des risques sur la santé des bébés, le gouvernement a gelé, le 12 février, l’importation de ces produits au Cameroun. Quelques jours plus tard, le ministre du Commerce levait cette interdiction, en dressant au préalable une liste de 10 marques autorisées à être commercialisées. Cette polémique qui continue d’interroger sur les véritables intentions des autorités publiques au sujet de l’interdiction-autorisation d’importation des couches jetables, rappelle celle qui enfle depuis 2015 au sujet de la présence sur le marché national, des marques d’huiles végétales raffinées importées ne respectant pas la norme NC 77 sur l’obligation d’enrichissement à la vitamine A et de la norme NC 04 sur l’étiquetage des denrées alimentaires préemballées. Certaines d’entre elles ont été identifiées comme comportant des substances cancérigènes, mais elles continuent d’entrer dans l’espace commercial national, et à être commercialisées impunément dans certaines grandes surfaces connues.


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Toujours dans le chapitre des marchandises d’origine douteuse, le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), dénonce d’année en année l’entrée et la mise en circulation sur le marché national, de cigarettes de contrebande qui font perdre pas moins de 4 milliards Fcfa à l’industrie du tabac. Face à la recrudescence de certaines maladies, à l’instar des accidents vasculaires cérébraux (Avc), nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la fiabilité du contrôle technique à l’entrée des marchandises au Cameroun. A ce sujet, la loi n° 2016/004 du 18 Avril 2016 régissant le commerce extérieur au Cameroun dispose, en son article 18, que « le contrôle technique à l’importation et à l’exportation est constitué des inspections médico-sanitaire, vétérinaire, environnementale et phytosanitaire, du contrôle de qualité et du contrôle de conformité aux normes ou réglementations techniques nationales ou aux normes internationales ou, le cas échéant, aux conditions particulières convenues entre le fournisseur et l’importateur dans la mesure où ces spécifications ne sont pas contraires aux normes nationales et internationales ainsi qu’à l’intérêt des consommateurs ».


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Le même texte de loi (article 19) est clair : « Les administrations et organismes habilités à exercer les contrôles techniques à la frontière en ce qui concerne les importations, les exportations et le transit des marchandises doivent coopérer et coordonner leurs actions ». Plusieurs fois, on a pourtant constaté qu’un produit ayant dûment reçu un certificat de l’une des administrations concernées, est remis en cause par une autre, du fait parfois d’un simple conflit d’intérêt. Le Programme d’évaluation de la conformité avant embarquement (Pecae) des marchandises importées en République du Cameroun, entré en vigueur en août 2016 et dont le directeur général de l’Anor, Charles Booto à Ngon est le président, avait pourtant été mis sur pied afin qu’aucune marchandise soumise à la  réglementation devant être exportée vers le Cameroun ne fasse plus l’objet d’un rapport de non-conformité de la part des autres partenaires techniques que sont, entre autres, la Société générale de surveillance (SGS).

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