Au 4e trimestre 2024, les prix sortie-usine des entreprises industrielles basées au Cameroun ont augmenté de 5,9 % en glissement annuel, selon l’Indice des prix de la production industrielle (IPPI) publié le 5 mai par l’Institut national de la statistique (INS). Ce bond contraste avec la quasi-stagnation observée en variation trimestrielle (-0,4 %), révélant une dynamique inflationniste persistante dans certains secteurs clés de l’économie.
L’extractif en tête de file
Le secteur extractif, principal moteur de cette hausse, a vu ses prix sortie-usine grimper de 10,2 %, principalement en raison de l’envolée des revenus liés à l’extraction des hydrocarbures. « Cette augmentation annuelle signale une pression inflationniste significative dans ce secteur clé de l'économie camerounaise », souligne l’INS. À cette période, le prix du baril de pétrole avait dépassé les 95 dollars (selon l’OPEP+), en raison de tensions géopolitiques (conflits au Moyen-Orient, réduction des exportations russes). Les opérateurs camerounais, comme Perenco, ont ainsi ajusté leurs stratégies tarifaires pour compenser les coûts croissants d’exploration et de production.
Industrie du bois, emballages et papier en croissance
Les industries du bois (+8,9 %) ont également contribué à cette dynamique, portées par une demande accrue pour les produits dérivés. La fabrication de papier et de carton, ainsi que l’imprimerie, ont connu une croissance spectaculaire de 33,2 %, tirée par l’expansion du secteur du conditionnement et des emballages. Par ailleurs, le travail du bois destiné à la production d’articles non meublés (comme les palettes ou les charpentes) a progressé de 8,9 %, reflétant une hausse des commandes industrielles locales et internationales. Cette tendance pourrait s’expliquer par la rareté des matières premières, en raison de restrictions d’exportation imposées par des pays voisins (République du Congo, Gabon), contraignant les entreprises camerounaises à revaloriser leur production.
Pression sur l’agroalimentaire et essor du cosmétique local
L’agroalimentaire (+4,3 %) a été affecté par la hausse des prix des intrants agricoles (engrais, carburants) et des matières premières primaires (maïs, sucre), amplifiée par des sécheresses sporadiques en Afrique centrale en 2024. Selon la Banque mondiale, le coût du maïs a augmenté de 12 % en un an, impactant directement les filières de transformation comme la boulangerie et la production de bière. Le secteur chimique et pharmaceutique a enregistré une hausse de 5,5 %, portée par l’essor des produits cosmétiques locaux. Cette croissance s’inscrit dans un mouvement global de valorisation des ingrédients naturels africains (baobab, karité), recherchés sur les marchés internationaux.
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Cependant, certaines branches ont connu des baisses de prix, notamment la fabrication d'ouvrages en métaux (-0,5 %), suggérant des conditions de marché différentes telles qu'une concurrence accrue ou une demande plus faible.
À noter que l’IPPI s’appuie sur 103 entreprises couvrant 328 produits/entreprise, 177 gammes, 48 classes d’activité, 38 groupes et 24 divisions. « L’échantillon d’entreprises enquêtées couvre l’ensemble du secteur industriel et a été sélectionné suivant la méthode de cut-off, de manière à couvrir environ 80% de du chiffre d’affaires de chaque division ».

