La coopération entre le Cameroun et la Banque africaine de développement (BAD) date de 1972. En 52 ans, Serges N'Guessan, le directeur de la BAD pour le Cameroun revendique un portefeuille de près de 4,9 milliards de dollars soit environ 2 960 milliards de Fcfa. Le portefeuille des 23 projets en cours de réalisation est évalué à 1 500 milliards de dollars (environ 906 200 milliards de Fcfa). Ces chiffres font de la BAD, le deuxième prêteur multilatéral du Cameroun (après la Banque mondiale) au premier semestre 2024 selon la Caisse autonome d'amortissement (CAA), le gestionnaire de la dette publique au Cameroun.
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Dans une interview accordée à la télévision nationale camerounaise le 17 octobre dernier en marge des 60 ans d'existence de la BAD, Serge Marie N'Guessan vante certes l’évolution du critère de performance du portefeuille passé du « rouge » en 2021, à un portefeuille « assaini » en 2024, mais il revient sur des défis qui perdurent. Il s’agit en effet, de plusieurs pesanteurs continuent de plomber l’exécution des projets financés par la BAD au Cameroun. Ce qui pourrait paraître contraignant dans un contexte où l’institution bancaire envisage de « doubler » son apport financier au cours des cinq prochaines années pour le porter en environ 6 000 milliards de Fcfa.
De nombreux défis à relever
Pour ce cadre de la BAD, les problèmes rencontrés sur le terrain se résument aux lenteurs dans l’exécution des travaux, la qualité des dépenses,etc avec un impact sur les populations ; force de l’économie. Des populations peinent alors à ressentir réellement l'utilité des prêts contractés auprès de ce bailleur de fonds. Or, apprend-t-on, le gouvernement et la BAD ont convenu d’accorder la priorité des ressources financières aux infrastructures. De fait, le ministère des Travaux publics (Mintp) revendique 54% du portefeuille des projets en cours de réalisation. Pourtant, le réseau national des routes bitumées peine à 9% y compris celles d’importants bassins agricoles très souvent enclavés, en pleine politique de l’import-substitution. « Les ressources ne sont pas le problème. Ce qu’il faut (et nous allons accompagner le gouvernement camerounais) c’est de développer les projets aussi bien bancables, mais des projets qui profitent effectivement aux populations camerounaises. Il y a des défis à savoir : celui de la capacité à exécuter les projets, la qualité de la dépense au Cameroun. Mais nous sommes confiants qu’avec la volonté ferme des autorités à régler ce problème-là, les grands projets structurants vont se faire de manière beaucoup plus appréciable. On veut passer des projets qui durent 7 ; 8 ans à des projets qu’on réalise à 4 voire 5 ans. Ce sont des projets importants pour les populations camerounaises donc, il faut accélérer la cadence », espère l'émissaire de la BAD. Pour rappel, à l’occasion de la 50ème revue trimestrielle des agences d’exécution des projets financés par la BAD au Cameroun, tenue du 13 au 15 février 2023 à Douala, l’on déplorait au rang des pesanteurs : la faiblesse dans la maturation des projets, lenteurs dans la passation des marchés, lenteurs dans le déblocage des fonds de contrepartie, faible qualité des demandes de paiement, etc. Depuis près de deux ans, la quasi-totalité des plaintes formulées sont toujours d’actualité.

