Le Cameroun aligne trois projets d’infrastructures routières et logistiques, représentant un investissement cumulé d’environ 2,15 milliard de dollars (plus de 1 200 milliards FCFA), dans une compétition continentale où les initiatives ne sont plus évaluées isolément mais comparées à l’échelle africaine. L’autoroute Yaoundé–Douala, la réhabilitation de la Route Nationale N°1 et les infrastructures de connexion du port de Kribi constituent l’ossature de cette candidature, engagée dans le cadre de "The Africa Road Builders – Trophée Babacar Ndiaye", une compétition organisée avec le concours de la Banque Africaine de Développement (BAD), où les projets sont jugés sur leur capacité réelle à transformer les économies et les territoires.
La conférence inaugurale de l’édition 2026 s’est ouverte le 16 avril à Abidjan, donnant le coup d’envoi de quatre jours d’évaluation au cours desquels les projets de 7 pays africains (Cameroun, RDC, Ghana, Tunisie, Namibie, Botswana et Guinée) seront examinés, comparés et notés par un comité d’experts. L’exercice s’inscrit dans une dynamique continentale de montée en puissance des investissements dans les infrastructures de transports, autour du thème : « Investir dans les routes, investir dans les transports : pour la prospérité en Afrique ». La grille d’évaluation, notée sur 20, repose sur trois piliers : la nature et le caractère structurant des projets (4 points), le coût et le niveau de financement (9 points) et l’impact sur les populations (7 points), incluant mobilité, inclusion et transformation économique.
Autoroute Yaoundé-Douala, Port de Kribi…
Dans le détail, la phase 2 de l’autoroute Yaoundé–Douala constitue le projet phare du Cameroun. Estimée à 1,5 milliard de dollars (plus de 880 milliards FCFA) pour 141,1 km, le Cameroun négocie avec Exim Bank China et Standard Chartered pour boucler cette phase appelée à compléter une infrastructure qui va relier la capitale politique au principal port du pays. Lancée en 2020, elle est encore en cours de réalisation, avec une première phase de 60 km déjà opérationnelle.
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Le deuxième projet concerne la route nationale Yaoundé–Bafoussam–Bamenda, longue de 350 kilomètres et évaluée à 370 millions de dollars (plus de 200 milliards FCFA). Son financement mobilise plusieurs partenaires internationaux, dont la Banque africaine de développement (BAD). Cet axe stratégique traverse des zones agricoles et touristiques, et vise à renforcer la connectivité des régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. Le troisième projet porte sur les infrastructures de liaison du port en eau profonde de Kribi, pour un montant de 450 millions de dollars (près de 250 milliards FCFA). Il combine infrastructures routières et ferroviaires afin d’assurer l’intégration du port au réseau national et sous-régional.
Compétition continentale
Face à ce portefeuille de 3 projets camerounais, quelques pays présentent des projets d’échelle supérieure ou à forte portée transformative. C’est le cas de la République démocratique du Congo qui domine cette édition avec le projet de pont route-rail Kinshasa–Brazzaville, estimé à 5 milliards de dollars. Encore en phase de montage, il vise à relier deux capitales séparées par le fleuve Congo et à structurer un corridor d’intégration régionale inédit, complété par des programmes de désenclavement de l’Est du pays.
Dans cette architecture continentale, la Banque africaine de développement joue un rôle structurant, à la fois comme bailleur, catalyseur et garant méthodologique des projets évalués. Les résultats de cette édition 2026 seront rendus publics en mai prochain, lors des assemblées générales de l’institution, moment clé où sera établie la hiérarchie finale des projets les plus structurants du continent africain.

