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Innovation : un Think do Tank pour booster la transformation économique

D'après une étude menée par l'association baptisée «The Okwelians » auprès de 1275 camerounais, 8/10 considèrent l'agriculture et l'éducation comme secteurs prioritaires, alors que plus de 78% de camerounais jugent insignifiante l'évolution de la gouvernance depuis 5 ans. Le «Think do Tank» dirigé par Jonathan Nyemb a procédé ce 24 septembre 2020 au lancement de ses activités.

Le paysage des organisations de la société civile (Osc) vient de s’enrichir d’une nouvelle entité: le «Think do Tank the Okwellians», de son nom de baptême. Fondé en février 2020, ce cercle regroupant plus de 125 jeunes camerounais venus d’horizons divers s’intègre dans une dynamique de «promotion d’une culture d’innovation sociale par le leadership éthique». Il s’agit concrètement, d’après Jonathan Nyemb, le président du Think do Tank the Okwellians, de «créer une communauté de leader pour la transformation du Cameroun». Pour y parvenir, l’action  de la nouvelle Osc s’articule autour  de trois missions principales : connecter les jeunes leaders du Cameroun et de la diaspora autour de l’idéal de transformation positive, transmettre à la communauté les outils nécessaires pour un leadership créatif, responsable et éthique, agir dans le but de faire émerger des idées et solutions innovantes à fort impact social pour le Cameroun et le monde. «Nous avons des valeurs qui s’inscrivent dans la tradition du Cameroun, et constituent un formidable socle pour se projeter sereinement dans notre avenir commun: un Cameroun fier, prospère et solidaire, en parfaite harmonie avec son peuple, son continent et sa culture…», a indiqué Jonathan Nyemb.

Le président du Think do Tank the Okwellians s’est doté pour se faire d’un ambitieux plan d’actions annuel constitué de programmes de leadership, d’accompagnement en ligne de 100 jeunes étudiants au sujet de leur carrière professionnelle, de coaching en ligne de 200 lycéens sur la formulation de leurs orientations professionnelles. «Force est de constater que nombre d’entre nous s’estiment exclus de la construction nationale, des opportunités économiques, ou des voix sociales parfois du simple fait de nos ethnies, langues, âges ou sexe. Combien de temps allons-nous encore ignorer?», s’interroge Jonathan Nyemb. 

Le lancement des activités du Think do Tank the Okwellians a coïncidé avec la publication d’une étude sur la cohésion sociale, la transformation économique et la gouvernance publique au Cameroun, dans trois régions du Cameroun (Centre, Littoral, et Sud-est), et à l’étranger (Afrique, Europe, Asie, Amérique). Etude réalisée entre le 27 juillet et le 10 août 2020, par The Okwelians, en partenariat avec Dina Surveys,  auprès de 1275 sujets (1024 sur le plan national et 251 dans la diaspora). D’après Jonathan Nyemb, l’étude révèle «des camerounais et camerounaises fiers de leur résilience et attachés à la paix et à la sécurité, mais préoccupés par la gouvernance publique, par l’accès à l’emploi ou encore par l’industrialisation de l’économie, et surtout impatients de bénéficier de services publics performants. Plusieurs thématiques sont également jugées prioritaires notamment le bien-être, l’innovation, la justice sociale ou encore la lutte contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes». 

Etats généraux des entreprises

Ainsi, 1 camerounais sur 2 constate une dégradation ou une stagnation de la cohésion sociale au cours des 5 dernières années au Cameroun. 8 camerounais sur 10 considèrent l’agriculture et l’éducation comme les deux secteurs d’innovation prioritaires au Cameroun. Plus de 78% des camerounais considèrent insignifiante l’évolution de la gouvernance au cours des 5 dernières années. Par ailleurs et à l’exception des organisations religieuses, l’échantillon sondé attribue une note moyenne de 11,9/20 aux organisations de la société civile, jugées relativement «crédibles et légitimes»: «le Cameroun traverse une crise sociale, sécuritaire, économique, politique et surtout morale sans précédent. L’étude menée par «The Okwelians» démontre, s’il le fallait encore, que plusieurs sujets de société, à l’instar de la cohésion sociale, la transformation économique ou la gouvernance publique, nécessitent un débat qui dépasse le cadre de nos  partis politiques. Plus que jamais, la société civile doit se réinventer pour impulser un changement de cap», pense Jonathan Nyemb. 

Le groupe «The Okwelians» propose ainsi quelques recommandations pour accompagner l’étude réalisée. 13 au total sur la cohésion sociale (tenue des états généraux de l’éducation, de la santé  et de la culture, enseignement obligatoire  de la culture nationale dans le cadre des cycles primaire et secondaire, tenue des états généraux sur la condition féminine), sur la transformation économique (opérationnalisation du conseil économique économique et social, tenue des états généraux des entreprises, mise en place d’un cadre de concertation permanent entre l’Etat et le secteur privé, définition d’une stratégie nationale concertée  de recherche et d’innovation), ainsi que sur la gouvernance publique.

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