Le Tchad accélère sa stratégie agricole pour tenter de contenir la dégradation de la sécurité alimentaire. Le 11 mai 2026 à N'Djamena, le ministre délégué auprès du ministre des Finances, chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Saleh Bourma Ali, s’est entretenu avec le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM), Alexandre Cuziat, autour de plusieurs projets liés à la résilience climatique et au développement agricole. Au cœur des discussions figure un programme d’aménagement de 30 000 à 40 000 hectares de terres agricoles destiné « à soutenir la production locale et réduire la vulnérabilité des populations face aux crises alimentaires récurrentes », selon le compte rendu publié par le ministère tchadien des Finances.
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Cette initiative intervient alors que le pays fait face à une forte pression humanitaire liée au conflit au Soudan voisin. D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), plus de 2,4 millions de personnes — soit environ 14 % de la population tchadienne — étaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë en décembre 2024, contre 2 millions un an plus tôt. L’organisation souligne également que l’arrivée de plus d’un million de réfugiés soudanais exerce une pression croissante sur les ressources locales et fragilise davantage les communautés hôtes.
Cap sur l’autosuffisance agricole
Le projet d’aménagement agricole s’inscrit dans l’ambition plus large du gouvernement tchadien de doubler sa production agricole d’ici 2030. Présenté en août 2025, ce programme cible six filières stratégiques considérées comme prioritaires pour la sécurité alimentaire et la diversification économique du pays.
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La production de sorgho devrait ainsi passer de 880 000 tonnes en 2023 à 1,03 million de tonnes en 2030, tandis que celle du mil progresserait de 630 000 à 1,02 million de tonnes. La production de maïs devrait, elle, doubler pour atteindre 800 000 tonnes. Le gouvernement vise également une forte accélération de la production rizicole, attendue à 1,62 million de tonnes contre seulement 220 000 tonnes en 2023. Les productions de sucre raffiné et de gomme arabique devraient respectivement atteindre 200 000 et 100 000 tonnes à l’horizon 2030.
À travers cette stratégie, les autorités tchadiennes cherchent à réduire la dépendance alimentaire du pays, améliorer les revenus ruraux et renforcer la résilience des populations face aux chocs climatiques et sécuritaires.

