Conjoncture

Investissement : le Cameroun peine à remplir les critères du Millenium Challenge

Après avoir fleuré le programme en 2014, le pays a beaucoup reculé. Le gouvernement s’organise pour enfin satisfaire les 20 indicateurs proposés par cette initiative de financement américain envers les pays en développement.

Le comité de pilotage du programme Millenium Challenge Account (MCA) s’est réuni une nouvelle fois mercredi 5 décembre 2018 dernier. Toujours avec le même objectif : mettre en place les conditions pouvant permettre au Cameroun d’être éligible à ce programme de financement du gouvernement américain vis-à-vis des pays en développement. Depuis le lancement de cette initiative du congrès américain en 2004, le Cameroun peine en effet à satisfaire ces critères qui sont économiques, sociaux et de bonne gouvernance. Même s’il remplit les conditions pour être candidat, donc pouvant prétendre aux bénéfices multidimensionnels découlant de cette initiative d’aide. Paul Tasong, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, qui préside cette première réunion du comité de pilotage depuis, suite au décret du Premier ministre du 18 juillet 2018 dernier, reconnait que le Cameroun n’est pas encore éligible à ce jour au Millenium challenge.

Le pays a même fleuré le programme « Thresold » (un programme intermédiaire d’appui exceptionnel sur 2 à 4 ans destiné aux pays candidats qui sont très proches de l’éligibilité se situant en dessous du seuil leur permettant de surmonter la difficulté, obtenant la bonne note bénéficiant de ce fait du programme complet) en 2014 quand il a réussi à rassembler 9 bonnes notes sur les 20 requises. « Nous étions à 9 sur 20, il fallait être à 10 sur 20 pour être éligible, mais ça n’a pas été possible. Entre temps nous sommes retombés assez bas. Nous avons les moyens de notre politique pour renverser cette tendance baissière », raconte Paul Tasong, à la sortie de la réunion du comité de pilotage. Ledit comité qui comprend outre les administrations techniques, les représentants de la société civile et du secteur privé, a pour mission d’appuyer le gouvernement dans la recherche de l’éligibilité du Cameroun et de suivre la mise en œuvre des indicateurs et critères de ce programme par les différentes administrations concernées. Selon Paul Tasong, le comité de pilotage a instruit son secrétariat technique dans les jours à venir de lui proposer un plan d’action pluriannuel qui devrait montrer, indicateur par indicateur, l’horizon pour satisfaire à ces exigences.

Le Millenium challenge a déjà investi, depuis 2004, plus de 13 milliards de dollars, soit environ 6 500 milliards FCFA dans plusieurs projets au niveau des pays bénéficiaires dans des secteurs tels que les infrastructures de transport ; l’accès à l’eau et assainissement ; l’agriculture et l’irrigation ; la lutte contre la corruption ; l’éducation ; la santé ; l’énergie (production, transport et distribution) ; la finance et développement des entreprises ; les droits de propriété et accès à la propriété foncière. Pour être sélectionné, un pays doit se situer au-dessus de la valeur médiane pour la moitié des indicateurs de chacune des trois catégories, dont 10 sur les 20 proposées. Une vingtaine de pays africains ont déjà bénéficié de cette assistance, à l’instar du Benin (682 illions de dollars), le Burkina Faso (492 million de dollars), Cote d’Ivoire (524 millions), Ghana (1045 millions), Sénégal (1090 millions), et le Maroc (1147,5 millions de dollars).

20 indicateurs pour bénéficier du financement

Pour être éligible au Millenium challenge account ou fonds du millénaire, il faut passer par les mailles d’un tamis de 20 indicateurs. Cette initiative du congrès américain depuis 2004 dans le cadre de la mise en œuvre des engagements internationaux des Etats-Unis en matière de financement du développement sélectionne de manière transparente les pays à partir de  trois catégories de critères, à savoir la bonne gouvernance, investir dans le capital humain, et garantir des libertés économiques. « Il s’agit pour les partenaires que sont les Etats-Unis d’Amérique de s’assurer d’une croissance économique soutenue combinée avec une lutte acharnée contre la pauvreté », explique Paul Tasong, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie. S’agissant de la catégorie de bonne gouvernance, les indicateurs tournent autour des libertés politiques (qualité du processus électoral, pluralisme politique et participation, corruption et transparence, traitement équitable des groupes ethniques).

On note aussi les libertés civiles (liberté d’expression et d’association), le contrôle de la corruption (efficacité des pouvoirs publics dans la lutte contre la corruption), l’action gouvernementale (qualité du service public, crédibilité du gouvernement dans la mise en œuvre des engagements), la liberté d’information (liberté de la presse, accès à internet, état des lois sur l’accès à l’information), et l’état de droit (la confiance des personnes physiques et orales par rapport aux lois, la protection des droits et exécution des contrats). « Il faut être libre dans son esprit, que l’environnement permette à ce que les gens puissent s’exprimer », souligne le ministre.

Pour ce qui est de la promotion des libertés économiques, huit indicateurs sont proposés. Il s’agit notamment de la qualité de la politique budgétaire, le niveau d’inflation, la qualité de la régulation et de la réglementation des affaires, la politique commerciale, l’accès au crédit, les délais et coûts de création d’entreprises, la promotion de l’égalité des sexes dans l’économie, et les accès et droits à la propriété foncière. La  catégorie investissement dans le capital humain comporte six indicateurs. Il s’agit notamment du pourcentage du PIB consacré aux dépenses publiques de santé, celui consacré à l’éducation de base, la protection des ressources naturelles, le taux de vaccination et l’accès aux soins de santé primaires, le taux d’achèvement du cycle d’études primaires et le taux d’accès au secondaire de la jeune fille, la santé de l’enfant (mortalité infantile, gestion des ressources en eau, contrôle de l’assainissement).

La Rédaction EcoMatin

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