Politiques Publiques

Investissement : ouverture risquée de la zone industrielle à Bamenda

Le chef-lieu de la région du Nord-Ouest, à califourchon entre l’Afrique Centrale et occidentale, est une position stratégique pour tout projet industriel. Mais la crise sociopolitique qui sévit dans la région paralyse littéralement l’activité économique.

44 hectares de terrains divisés en huit plates-formes, électricité, route entièrement bitumée, ponts et ponceaux construits, les opérateurs économiques en quête d’implantation au Cameroun ont une opportunité en or à saisir à… Bamenda. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le directeur général de la Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles (Magzi), Christol Georges Manon, invite les opérateurs économiques à se rapprocher du bureau Magzi de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest, pour s’enquérir des conditions et modalités de location d’espaces dans la zone industrielle de Bamenda (Zibam).

D’une manière générale, « il suffit d’adresser une demande en précisant la nature du projet ; l’intéressé devra également remplir une fiche qui permet de s’assurer de la viabilité du projet. Ce qui débouche en général sur un accord de principe ; puis il faut payer les frais de bornage de la superficie sollicitée. Ce montant varie de 200 000 à 1000 000 FCFA. L’entreprise a ensuite un délai de six mois pour s’implanter », explique-t-on du côté de la Magzi.

Situé à Nkwen, 1,3 kilomètre du centre urbain de Bamenda, la Zibam compte déjà près de dix clients qui occupent 5 des 44 ha. La création de la zone industrielle de Bamenda avait été annoncée par le DG de la Magzi dans un communiqué publié le 26 octobre 2017. Christol Georges Manon invitait par ce fait « l’importante et dynamique élite tant interne que de la diaspora dont regorge cette région » à y investir. Il précisait alors que la Zibam a une vocation multisectorielle pour des centaines d’emplois dont la nomenclature devrait se tourner autour de l’agro-industrie ; l’import-export ; l’entreposage/Stockage ; la distribution; le paramédical. La zone offre l’avantage d’une forte densité de la population d’où ressort une main d’œuvre importante disponible.

Insécurité

Le hic, c’est que l’opérationnalisation de la Zibam risque d’être hypothéquée par le contexte sécuritaire qui règne depuis deux ans dans la région. Dans un récent rapport publié en juillet 2018 sur «l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest : conséquences économiques et impacts sur l’activité des entreprises », le groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) souligne qu’à l’évidence, les structures économiques des deux régions sont spécialement ciblées. Dans le Document « Plan d’assistance humanitaire d’urgence dans les régions du nord-ouest et sud-ouest 2018-2019″ publié au mois de juin 2018, il est notamment indiqué que certains acteurs de la crise se seraient fixés pour but de détruire l’économie des Régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. De fait, plusieurs aspects de cette crise sont organisés délibérément à cette fin et débouchent sur des conséquences économiques gravissimes. »

L’organisation patronale cite ainsi les opérations « villes mortes » qui ont des conséquences dramatiques sur les activités économiques et les revenus des ménages ; l’interruption du signal internet pendant trois mois qui a handicapé l’activité dans plusieurs secteurs, notamment celui des établissements bancaires, des compagnies d’assurances, des établissements de commerce et distributions ; les attaques ciblées sur les structures économiques (notamment PAMOL et CDC), paralysant systématiquement l’activité de ces mastodontes qui ont pourtant des effets structurants importants sur l’écosystème économiques de leurs zones d’implantation et au-delà.

Résultat : Le tissu économique des régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest s’effondre littéralement, avec des répercussions dans le reste du pays puisque toutes les entreprises menant directement ou indirectement des activités dans ces régions indiquant que leurs activités y sont désormais en berne. Le Nord-Ouest, c’est 7% de la production agricole nationale et 6,3% des entreprises du pays. Dans ces conditions, il semble difficile d’imaginer qu’un investisseur prenne le risque de s’implanter à Bamenda même si c’est dans une zone industrielle.

44 hectares de terrains divisés en huit plates-formes, électricité, route entièrement bitumée, ponts et ponceaux construits, les opérateurs économiques en quête d’implantation au Cameroun ont une opportunité en or à saisir à… Bamenda. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le directeur général de la Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles (Magzi), Christol Georges Manon, invite les opérateurs économiques à se rapprocher du bureau Magzi de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest, pour s’enquérir des conditions et modalités de location d’espaces dans la zone industrielle de Bamenda (Zibam).

D’une manière générale, « il suffit d’adresser une demande en précisant la nature du projet ; l’intéressé devra également remplir une fiche qui permet de s’assurer de la viabilité du projet. Ce qui débouche en général sur un accord de principe ; puis il faut payer les frais de bornage de la superficie sollicitée. Ce montant varie de 200 000 à 1000 000 FCFA. L’entreprise a ensuite un délai de six mois pour s’implanter », explique-t-on du côté de la Magzi.

Situé à Nkwen, 1,3 kilomètre du centre urbain de Bamenda, la Zibam compte déjà près de dix clients qui occupent 5 des 44 ha. La création de la zone industrielle de Bamenda avait été annoncée par le DG de la Magzi dans un communiqué publié le 26 octobre 2017. Christol Georges Manon invitait par ce fait « l’importante et dynamique élite tant interne que de la diaspora dont regorge cette région » à y investir. Il précisait alors que la Zibam a une vocation multisectorielle pour des centaines d’emplois dont la nomenclature devrait se tourner autour de l’agro-industrie ; l’import-export ; l’entreposage/Stockage ; la distribution; le paramédical. La zone offre l’avantage d’une forte densité de la population d’où ressort une main d’œuvre importante disponible.

Insécurité

Le hic, c’est que l’opérationnalisation de la Zibam risque d’être hypothéquée par le contexte sécuritaire qui règne depuis deux ans dans la région. Dans un récent rapport publié en juillet 2018 sur «l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest : conséquences économiques et impacts sur l’activité des entreprises », le groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) souligne qu’à l’évidence, les structures économiques des deux régions sont spécialement ciblées. Dans le Document « Plan d’assistance humanitaire d’urgence dans les régions du nord-ouest et sud-ouest 2018-2019″ publié au mois de juin 2018, il est notamment indiqué que certains acteurs de la crise se seraient fixés pour but de détruire l’économie des Régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. De fait, plusieurs aspects de cette crise sont organisés délibérément à cette fin et débouchent sur des conséquences économiques gravissimes. »

L’organisation patronale cite ainsi les opérations « villes mortes » qui ont des conséquences dramatiques sur les activités économiques et les revenus des ménages ; l’interruption du signal internet pendant trois mois qui a handicapé l’activité dans plusieurs secteurs, notamment celui des établissements bancaires, des compagnies d’assurances, des établissements de commerce et distributions ; les attaques ciblées sur les structures économiques (notamment PAMOL et CDC), paralysant systématiquement l’activité de ces mastodontes qui ont pourtant des effets structurants importants sur l’écosystème économiques de leurs zones d’implantation et au-delà.

Résultat : Le tissu économique des régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest s’effondre littéralement, avec des répercussions dans le reste du pays puisque toutes les entreprises menant directement ou indirectement des activités dans ces régions indiquant que leurs activités y sont désormais en berne. Le Nord-Ouest, c’est 7% de la production agricole nationale et 6,3% des entreprises du pays. Dans ces conditions, il semble difficile d’imaginer qu’un investisseur prenne le risque de s’implanter à Bamenda même si c’est dans une zone industrielle.

Déconcentration : plus de zones industrielles pour un développement harmonieux

La zone industrielle de Bamenda est donc désormais opérationnelle, assure le directeur général de la Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles (Magzi), Christol Georges Manon. C’est une opportunité de plus pour les opérateurs économiques désireux de s’installer au Cameroun. En effet, la création d’une nouvelle zone industrielle à Bamenda intervient au moment où celles de Douala (Bonabéri et Bassa) sont saturées.

Jadis présente seulement à Douala et Yaoundé, la Magzi dispose désormais de onze zones industrielles couvrant une superficie totale de 1293 hectares répartis dans huit des dix régions du pays. Ce qui permet de mieux répondre à la demande de facilitation et d’implantation des entreprises au Cameroun. La déconcentration, avec la création des zones industrielles dans le Nord-Ouest (Bamenda), à l’Ouest (Bafoussam), dans le Sud-Ouest (Ombé), l’Adamaoua (Ngaoundéré), l’Est (Bertoua) ou encore le Nord (Garoua), répond à l’un des principes majeurs du plan directeur d’industrialisation du Cameroun qui est l’équilibre régional relatif aux implantations industrielles dans un souci d’intégration économique nationale. Dans l’optique d’une plus grande couverture du territoire national, la création de nouvelles zones industrielles est programmée, notamment dans le Littoral à Yassa à Douala, 400 ha; et Dibombari, 300 ha ; le Centre à Nomayos, 201 ha ; dans le Sud à Meyomessala, 100 ha et Kribi, 3000 ha (zone industrialo portuaire).

En attendant, près de 400 entreprises étaient recensées dans les zones industrielles à fin 2016, selon les chiffres de l’entreprise. Elles bénéficient ainsi de nombreux avantages dont la compétitivité des prix de location des terrains (de 200 à 300 FCFA le m2 par an); la sécurisation des investissements ; la garantie de pouvoir faire des opérations de mobilisation des financements auprès des banques par l’octroi d’un bail emphytéotique; l’accompagnement dans toutes les étapes de l’implantation au sein de la Zone ; l’offre d’un cadre idéal de travail par le respect des normes de protection de l’environnement; l’opportunité de regroupement des entreprises complémentaires sur une plateforme commune procurant des gains en termes de temps et de réduction des coûts de transport.

En 2016, la Magzi a réalisé un total bilan de 11,182 milliards de FCFA, pour un chiffre d’affaires de 2,110 milliards de FCFA. Des performances qui cachent les difficultés auxquelles l’entreprise est confrontée, notamment l’occupation illégale de ses sites et les difficultés de recouvrement des redevances locatives soit plus de 600 millions de FCFA d’arriérés actuellement.

zones industrielles : les prémices de l’émergence

«En 2016, le pari majeur pour notre pays reste la création des conditions d’une véritable industrialisation. L’émergence ne se conçoit pas sans une industrie viable.» Cet extrait du Message du chef de l’Etat à la Nation, le 31 décembre 2015, est sans équivoque. En matière de politique de développement, l’industrialisation est le défi majeur à relever. « Nous avons besoin en effet d’une politique industrielle ambitieuse. Il n’y a pas de grand pays sans industrie. Même notre agriculture, dont j’aime à dire qu’elle est notre principale richesse, a vocation, elle aussi, à devenir industrielle », disait-il déjà à la même occasion, le 31 décembre 2014. C’est dire que Paul Biya entend mobiliser toutes les énergies pour cette fin. Et, les faits semblent lui donner raison.

Avec une contribution de 61% du Produit local brut (PLB) de Douala et à près de 11% du Produit intérieur brut (PIB) du Cameroun, les entreprises installées dans la zone industrielle de Douala-Bassa, constituent un moteur important pour la croissance du pays. On peut donc, en extrapolant, imaginer que les différentes zones industrielles crées à travers le pays sont des pôles de développement en puissance qui, à terme, vont porter le Cameroun vers l’émergence tant souhaitée. A ce propos, l’économiste Dieudonné Essomba semble catégorique : « sans un secteur productif, la notion de développement n’a aucun sens ».

Selon le ministère du Commerce, le commerce et l’agriculture vivrière sont les deux principales branches créatrices de richesses de l’économie camerounaise depuis 1993. Malheureusement, certains analystes pensent que ces deux branches font du Cameroun une économie fortement spéculative et plus précisément de «comptoir». Or, de nos jours, « la compétition industrielle ne repose plus sur l’exportation des volumes de matières faiblement transformées mais sur le niveau de valeur ajoutée des produits transformés pour les clients finaux », explique Dieudonné Essomba. Et sur cette base, le Cameroun semble bien fragile puisque l’économie nationale est marquée depuis 1993 par une diminution structurelle du poids en volume du secteur secondaire (de 39,8% en 1993 et se situe aujourd’hui à 26,1% du PIB) au profit du tertiaire et par un secteur primaire quasi stable.

La Rédaction EcoMatin

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