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JIF 2022 : la place de la femme dans la création de la richesse

Ce 8 mars, le Cameroun se joint à la communauté internationale pour célébrer la 37e édition de la Journée international des droits des Femmes (JIF), ceci sous le thème « Égalité femmes-hommes aujourd'hui pour un avenir durable ». Les festivités de cette année seront à nouveaux colorées avec le retour de la grande parade qui avait été annulée durant deux années successives à cause de la pandémie à Covid-19. A l’occasion de cette célébration, EcoMatin donne interroge la place de la femme dans la création des richesses au Cameroun. Notre dossier

C’est sur le thème « Égalité femmes-hommes aujourd’hui pour un avenir durable » que se célèbre la 37ème édition de la Journée internationale des droits de la femme (JIF) au Cameroun, ce 8 mars 2022. En effet, de part et d’autre dans le monde entier, cette célébration est le lieu par excellence pour réfléchir sur des problématiques propres aux femmes et qui contribueraient à l’amélioration de leurs conditions de vie.

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En référence au thème proposé, l’égalité homme-femme cher au gouvernement ne se fait pas tant ressentir en ce qui concerne l’entrepreneuriat, ou du  moins la place de la femme dans la création de la richesse du pays. En effet, selon le rapport 2016 de l’INS, intitulé « L’entrepreneuriat et le genre au Cameroun», seulement 37,5% des femmes sont promotrices d’entreprises. Ce rapport s’est basé sur les données fournies par le deuxième recensement général des entreprises (RGE-2) de 2016. Il a été confectionné au terme d’un recensement des 203 419 entreprises créés dans les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Dans le détail, et en valeur absolue, 89 192 entreprises ont été créées par des hommes, 53 560 par des femmes tandis que les promoteurs de 60 667 restent inconnus.

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La répartition par secteur indique que dans le primaire, elles ont créés en 2016, 31 entreprises. Pour une représentativité élevée dans les domaines de l’élevage (15), de l’agriculture (11) et de la sylviculture (5). Du côté du secteur secondaire, on en compte 9 971 soit 18,7%. Pour une présence forte dans l’industrie manufacturière (selon la catégorisation du rapport autres industries manufacturières) à raison de 9 353, suivi de l’industrie alimentaire 567, de la construction 32. Enfin dans le secteur tertiaire le rapport dénombre 43 558 entreprises portées par des femmes, soit 81,4%. Avec une prépondérance pour le commerce 24 053, d’autres activités de tertiaire 11 494, l’hébergement et la restauration 7 472.

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Une faible représentativité qui se répercute aussi sur les performances des structures promues par ces derniers. « Dans l’ensemble, 7,8% des entreprises promues par les hommes ont réalisé un chiffre d’affaires supérieur au chiffre d’affaires moyen national, contre 6,3% chez les femmes. Par secteur d’activité, l’on relève dans le primaire que les entreprises promues par les femmes sont plus performantes que celles promues par les hommes. Par contre, dans les secteurs secondaire et tertiaire, les entreprises promues par les hommes paraissent plus performantes que celles promues par les femmes », indique l’INS s’agissant du chiffre d’affaires.

Difficultés

Des performances en deçà de la moyenne qui s’expliquent par un ensemble de freins. Le même rapport de l’INS relève par ailleurs des obstacles de plusieurs ordres à l’entrepreneuriat féminin au Cameroun. Sur le plan institutionnel : «selon les résultats du RGE 2, les deux principaux obstacles à l’entrepreneuriat sont la pression fiscale et la corruption. En outre, la difficulté d’accès aux débouchés et au crédit représente le troisième principal obstacle à l’entreprenariat respectivement chez les femmes et chez les hommes». Sur le plan économique « En effet, environ 95% de femmes n’ont pas eu accès aux financements des établissements de crédit lors du démarrage de leur entreprise, contre 93% d’hommes. Cette situation peut s’expliquer en partie par le fait que les femmes disposent souvent moins de garanties nécessaires exigées par les institutions financières ».

Postes de responsabilité : l’égalité en construction de la parité du genre

Sur 9943 postes recensés dans les administrations publiques de souveraineté au Cameroun, 2 236 sont occupés par des femmes. Ces chiffres sont du palmarès genre 2017, qui intègre des données recueillies auprès de 23 établissements publics et des administrations de souveraineté. Selon le ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff), Marie Thérèse Abena Ondoa, au cours du Conseil de son cabinet, tenu le 31 octobre 2021 à Yaoundé, « des progrès remarquables sont néanmoins observés dans certains secteurs d’activité, où les postes occupés par les femmes représentent plus de 40% des effectifs recensés».

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C’est d’ailleurs dans cette logique que les entreprises camerounaises se battent bec et ongle pour accompagner « Egalité femme-homme aujourd’hui pour un avenir durable », thème retenu pour la célébration de la 37éme édition de la journée internationale des droits de la Femme (JIF). A la société Energy of Cameroon (Eneo) par exemple, les actions du programme genre, s’articulent autour du développement et de la mise en lumière du talent féminin. De ce fait, la représentativité des femmes dans les principaux domaines d’activités d’Eneo que sont la technique, le commercial, et le support, fait respectivement état de 7%, 51% et 33%. Pour relever la pente, l’énergéticien camerounais a mis en œuvre une politique diverse pour promouvoir l’égalité du genre.

Il s’agit de la politique de diversité et inclusion qui justifie la volonté du top management à répondre aux questions du genre dans cette société. Ladite politique devient ainsi la fondation et la boussole de leur démarche. Dans la même perspective, note-t-on, l’initiative évolution progressive et appréciable des femmes dans les effectifs. Sur un effectif total de 3700 employés (statistique de décembre 2021), la représentativité des femmes s’élève aujourd’hui à 26%. Dans la population du personnel cadre dirigeant, la représentativité des femmes est passée de 14% en 2018 à presque 21% en décembre 2021.

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De son côté, BGFIBank a toujours fait la part belle aux femmes. Avec près de 2200 collaborateurs et plus de 50% d’effectifs féminins, le Groupe BGFIBank fait figure de modèle en Afrique avec, aux plus hautes fonctions, des femmes. A BGFIBank Cameroun par exemple, plus de 60% de femmes occupent les postes de Directeurs et Chef d’agence. Entre autres la direction des affaires juridiques, la direction du Risque et la direction de la Qualité, de l’Administration bancaire et du service client.

Audrey Chicot, une dame de fer, dans le fer

Contre vents et marées, la native de Douala s’est finalement imposée parmi les mastodontes de l’industrie métallurgique : «mes débuts n’ont pas été facile. Il fallait d’abord convaincre mon mari qui se demandait ce que j’allais faire dans ce secteur. Heureusement, il a fini par me soutenir. Il fallait également faire face à la concurrence dominée par les multinationales. Je peux dire aujourd’hui que je suis fière de mon parcours et de mes réalisations, entend que femme ent». Audrey Ngo Yetna épouse Chicot est à la tête d’une entreprise de 701 employés, située dans la zone industrielle de Bassa. «Pour satisfaire tous les secteurs industriels du Cameroun, il faut faire un mélange efficace entre un vaste e riche cadre de travail, un matériel de dernière génération, tout ceci, chapeauté par une équipe qui a une vision infaillible, toujours à la recherche de la satisfaction du client», souligne, la Directrice générale. Presse hydraulique à deux verrins, alésage, vilebrequin pétrolier, chaudronnerie, coupe de chalumeau, rechargement de galet, réparation des vannes, fabrication de pignon 27 dents, module 22, Audrey Chicot intervient dans tous les segments de son activité. «La place de la femme n’est plus seulement dans la cuisine…», lance-t-elle.

Menaces de mort,  harcèlement, cambriolages

La dernière prouesse de la Msmi est le produit «Riramid», alliage en polymère dont les propriétés physiques présentent des avantages par rapport à certains métaux comme l’acier ou le bronze. Msmi est le représentant de la sous-région Afrique centrale et première entreprise à exporter cette technologie au-delà des frontières du continent Est-Européen. Audrey Chicot exerce dans le secteur de la fabrication mécanique et la mécano-soudure depuis 19 ans. L’entrepreneure a pourtant frôlée le pire il y’a quelques années : cambriolages à répétition, menaces de mort, harcèlement des créanciers etc.

Baptisée « SAMU de l’industrie de la fabrication mécanique et métallurgique », Msmi dispose d’un capital de 32 millions de FCFA. Le challenge d’Audrey Chicot est celui de conforter sa position d’entreprise stratégique, inclusive et durable : «l’industrialisation est mon leitmotiv. Elle devrait passer par la promotion du Made in Cameroon, ou le transfert de technologie. L’acquisition des techniques de fabrication locale des machines et la promotion et la consolidation des chaines de valeurs», pense-t-elle. Audrey Chicot diversifie par conséquent son partenariat (Russie, Bahreïn, Chine etc.).

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