les espaces marchands locaux sont en effet achalandés en majorité des pagnes venus principalement de ChineC'est encore avec désespoir que Nicolas Njoh évoque les routes asiatiques, qui vont aggraver les malheurs de la Cicam: « depuis 1998/1999, les pays asiatiques dont la Chine ont pris le relais. La plupart des produits de contrefaçon et de contrebande ont envahi plus de 70 % de l’espace économique jusqu’en 2010, atteignant ainsi les taux records de 80 à 90 % en 2015 et 2016 », déclare Nicolas Njoh. Les espaces marchands locaux sont en effet achalandés en majorité des pagnes venus principalement de Chine. Au-delà de cette rude concurrence, on signale une importante filière de contrebande des produits Cicam: « nous ne sommes pas les seuls à subir ces perversités. Mais, nous croyons pouvoir affirmer que le secteur du textile est aujourd’hui celui qui souffre le plus de ce phénomène car 95 % du marché classique (pagne de base) est occupé par des produits Cicam, qui couvre à peine 5 % du marché ». Pour les managers de la cotonnière industrielle du Cameroun, le commerce illicite se porte bien, du fait du « laxisme, du laisser-faire des pouvoirs publics, de l’opportunisme de certains opérateurs économiques véreux, et de la confusion habituelle entre libéralisme et libertinage économique qui prévaut. Le laisser faire de l’Etat se traduit essentiellement par son peu d’empressement à appliquer les textes existants en matière de commerce et du droit d’entrée dont l’application effective suffirait à apporter un début de solution aux entreprises victimes du commerce illicite », s'indigne encore la Cicam. D’ailleurs, apprend-on, « les copies sont de plus en plus faites à l’identique, line by line, avec des inscriptions d’origine en lisière, que seuls les vrais hommes du textile peuvent détecter », expliquent des experts de l’industrie textile, qui ajoutent que ces faux pagnes sont vendus au même prix que les originaux. Chemin de croix vers la recapitalisation L’activité industrielle de la Cicam se répartit sur trois sites: Garoua où deux usines de filature et tissage transforment le coton, acheté à la Sodecoton, en tissu écru dont une partie est destinée à la grande exportation vers l’Europe. Douala, avec le traitement des écrus de Garoua pour transformation en tissus teints ou imprimés. Encore Douala, où sont également produits des tissus éponges à partir des filés de coton livrés par l’usine de Garoua. L’activité commerciale de la Cicam s’exerce par l’intermédiaire de sa filiale Newco, rachetée en 1990 au groupe Cnf, alors premier client de la Cicam, qui avait décidé son retrait du secteur textile. La Société Newco, plus connue sous la marque commerciale, Laking Textiles est implantée sur tout le territoire avec un réseau de boutiques de vente en gros et au détail. Le groupe Cicam est devenu, au fil des ans, un ensemble intégré offrant au consommateur une large gamme de produits textiles distribués sur les principales villes et dans les marchés les plus reculés du territoire national. Cicam, a pu, grâce à cette structure intégrée, résister aux crises économiques des années 1988 à 1993 et, est devenu le complexe textile le plus important de la région. Pendant 20 ans, de 1965 à 1985, la Cicam a évolué dans un environnement porteur, en particulier la deuxième décennie au terme de laquelle son chiffre d’affaires annuel a atteint l’équivalent de 70 M€ pour une production de filés dans ses usines de Garoua, de plus de 6.500 tonnes. À cette époque, la progression de l’activité s’appuyait sur le développement des économies des pays africains, et du Cameroun en particulier, portés par un taux élevé du dollar et un prix soutenu du baril de pétrole à 36 $. De plus, la Cicam exportait une partie de ses produits vers le vaste marché nigérian. Ce retournement brutal de conjoncture a entraîné la Cicam dans un cycle de pertes chroniques. Malgré des mesures de restructuration industrielle et de redéploiement commercial, prises dès 1989, l’endettement de la Cicam a atteint 15 milliards de F.CFA en 1992. Toutes les industries textiles de la zone se sont retrouvées dans une situation identique et les divers plans de redressement élaborés individuellement par la Cicam, Ucatex en Rca et Stt au Tchad n’ont pas abouti. Ainsi est apparu en 1991, que le maintien économique d’une industrie viable dans la zone Udeac pouvait faire l’objet d’une approche régionale et, en accord avec la Caisse Française de Développement, appuyée par l’aide d’un consultant extérieur, Dmc va proposer un plan de restructuration de l’industrie textile de toute la zone.
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Journée internationale de la femme : 5.000.000 de mètres de tissus sortis de la Cicam
L'offre mise à la disposition de la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam) reste visiblement en deçà de l'importante demande enregistrée. Mais l'embellie conjoncturelle estimée à plusieurs centaines de millions de F.CFA observée contraste malheureusement avec une entreprise surendettée, victime de contrebande, de concurrence déloyale, aux infrastructures vieillissantes et présentant des signes de banqueroute.
Publiée vendredi 8 mars 2019 à 17:29:26Modifiée jeudi 2 mai 2024 à 17:30:42Temps de lecture 7 minPar EcoMatin
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