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Justice : Pourquoi le fils de Jean Ping est cité dans l’affaire Pascaline Bongo

Au cours de la procédure judiciaire ouverte à Paris le 29 janvier dernier, Franck Ping est sur le banc des accusés pour « complicité de corruption passive d'agent public étranger ».

Comment Franck Ping, fils de Jean Ping, ex-ministre gabonais et ancien président de la Commission de l’Union africaine, se retrouve mêlé dans un procès ouvert le 29 janvier dernier à Paris, en France, contre Pascaline Bongo, fille et ancienne collaboratrice d’Omar Bongo, décédé en 2009 ? La réponse à cette question remonte à une affaire enclenchée en 2017. En effet, Franck Ping, présenté comme un homme d’affaires fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en mars 2017, pour, dans un premier temps, « corruption active » dans le cadre de l’attribution de marchés publics au Gabon. Entremetteur entre la firme chinoise spécialisée dans le BTP, Sinohydro, et le gouvernement gabonais, il aurait prélevé des commissions sur des marchés publics pour des milliards de Fcfa. Il est accusé d’avoir fait pareil au Cameroun, en République du Congo ou encore en Côte d’Ivoire, selon une enquête publiée en juin 2016 par Mediapart.

Au Cameroun, outre le soutien de Pascaline Bongo qui avait ses entrées à la présidence de la République, Franck Ping aurait également fait jouer sa proximité avec un proche parent du chef de l’Etat, Paul Biya, pour obtenir l’attribution au chinois Sinohydro de la réalisation des travaux de construction barrage hydroélectrique de Memve’ele (région du Sud), d’une capacité installée de 211 MW. Comme pour certains marchés cités au Gabon, à l’instar de la route Akiéni-Okondja ou encore du barrage Grand Poubara, qui ont coûté près de 400 millions de dollars, soit un peu plus de 243 milliards Fcfa, la firme chinoise active dans beaucoup d’autres pays d’Afrique du Centre et de l’Ouest dans la construction de routes et de barrages hydroélectriques, aurait versé d’importantes commissions à Franck Ping et à d’autres personnes pour s’adjuger ce marché d’un coût total de 400 milliards Fcfa. Les autorités camerounaises ont opté pour la stratégie du dos rond face à ces accusations.

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Normal donc que ce dossier n’ait jamais intéressé la justice camerounaise, pas plus que celle française qui a, depuis le départ, resserré les enquêtes et toutes les procédures autour du volet gabonais de ce scandale. Aux côtés de son ex-belle-mère Pascaline Bongo, Franck Ping est donc poursuivi pour « complicité de corruption passive d’agent public étranger ». En outre, Franck Ping et l’avocate Danyèle Palazo-Gauthier (amie de Pascaline Bongo : Ndlr), poursuivis pour complicité, encourent chacun deux ans de prison avec sursis et 150 000 euros d’amendes assortis d’une interdiction d’exercer. Le premier pour avoir organisé une entrevue à Libreville avec le patron de la multinationale française de BTP Egis, la seconde pour avoir « habillé de manière juridique le pacte de corruption » liant la société SIFT de Mme Bongo avec Egis Route dans le but d’obtenir le contrat de développement de l’Agence nationale de grands travaux (ANGT) qu’Ali Bongo, tout juste élu à la tête de l’Etat gabonais en 2009, prévoyait de créer.

Si la défense des accusés rejette en bloc ces accusations, au terme de son réquisitoire, le 1er février, le Parquet national financier a demandé trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme contre Pascaline Bongo. La haute juridiction financière a également requis 2 ans de prison avec sursis pour Ping et le versement de 150.000 euros d’amendes assortis d’une interdiction d’exercer. Le verdict est attendu le 22 avril.

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