Dans un communiqué diffusé le 10 juillet, la Banque mondiale déclare avoir levé la suspension des financements du Gabon à la suite d’un règlement de créances effectuées par les autorités gabonaises. Et pour cause, apprend-on, « La Banque mondiale confirme avoir reçu le remboursement des créances et réaffirme son engagement à accompagner le Gabon pour promouvoir une croissance durable, résiliente et inclusive qui profitera à la population gabonaise dans les années à venir ».
Ce retour à la normale intervient après une semaine de brouille. En effet, le 3 juillet dernier, le ministère gabonais des Comptes publics a révélé que la Banque mondiale a suspendu ses décaissements « en raison de l’existence d’échéances impayées ». Pour se défendre, ce ministère a expliqué que, « le retard dans le règlement des échéances dues à la Banque mondiale est lié à des raisons techniques, qui n’ont pas permis d’honorer la totalité des engagements à la date du 30 juin 2024 ».
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Pour remédier à la situation, le ministère des Comptes publics a déclaré avoir déjà procédé au paiement de ces impayés et que, l’ensemble des échéances de dette au profit des autres créanciers multilatéraux est en cours de paiement et devrait être totalement apuré « d’ici quelques jours. Comme pour prouver sa bonne foi, le ministère des Comptes publics a indiqué que, la direction générale de la comptabilité publique et du trésor a été amenée à régler pour près de 136 milliards de Fcfa de dettes de marché pour le seul de mois de juin 2024.
En outre, du 1er septembre 2023 au 31 mai 2024, les remboursements de la dette publique conventionnée (sous la gestion de la Direction Générale de la Dette) ont représenté 857,92 milliards de Fcfa, dont 616,87 milliards de Fcfa en capital et 241,05 milliards de Fcfa d’intérêts. Sur la même période, les tirages (décaissements d’emprunts) ont représenté 453,92 milliards de Fcfa. Il en résulte que du 1er septembre 2023 au 31 mai 2024, le désendettement net de l’État a représenté 162,95 milliards de Fcfa. Au 31 mai 2024, l'encours de la dette publique conventionnée de l’État était de 6.988,87 milliards de Fcfa.
Retour à la normale
Le règlement de la dette du Gabon auprès de la Banque mondiale vient décrisper une situation qui aurait eu de graves conséquences. Car, en déclarant le Gabon insolvable avec une signature peu crédible, les autres partenaires et créanciers du pays auraient peut-être durci les conditions d’emprunts. Le pays se serait retrouvé en situation de paria sur le marché international financier. Ce qui allait porter un coup sérieux aux projets de développement économiques du Gabon.
Au 9 juillet 2024, le portefeuille de la Banque mondiale au Gabon compte trois projets actifs pour un montant total de 214.50 millions de dollars (129,8 milliards de Fcfa). Le portefeuille courant des engagements de la Société financière internationale (IFC) s’élève à 111.3 millions de dollars (68,3 milliards de Fcfa) et l'Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga) appuie trois projets d'un encours brut total de 118.1 millions de dollars (71,4 milliards de Fcfa). Soit un total d’actifs de 269,5 milliards de Fcfa.
Depuis 1963, le Groupe de la Banque mondiale s'est engagé auprès du Gabon pour promouvoir un développement vert et résilient pour toute la population. Son action couvre une large gamme d'interventions incluant des produits financiers, des services d'analyse et de conseil, et sa capacité à travailler avec divers partenaires.

