La Banque Mondiale vient d’adopter un nouveau Cadre de Partenariat (CPF) avec le Cameroun, visant à créer davantage d’emplois de qualité et à rendre des institutions de prestation de services plus efficaces et inclusif. Ce partenariat stratégique met également un accent particulier sur les enjeux climatiques. Il intervient après celui de 2017-2021, qui mettait l’accent sur l’énergie, le transport, l’agriculture, les TIC, la santé et l’éducation.
Le nouveau CPF va de 2025 à 2029, et s’aligne avec la vision 2035 du Cameroun, qui aspire à devenir un pays émergent. Pour Cheick F. Kanté, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun : « Nous reconnaissons le rôle de premier plan joué par le Cameroun en tant que promoteur de la stabilité et moteur économique de la région. L’un des axes principaux de notre collaboration est de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, en particulier pour les jeunes, permettant ainsi d'améliorer les conditions de vie de la population camerounaise dans son ensemble et de préserver la cohésion sociale. »
La Banque mondiale prévoit d’apporter plus de 2 milliards de dollars de financements soit plus de 1 200 milliards durant la période couverte, en complément des 4,2 milliards d'engagements actuels. Ce financement soutiendra plusieurs secteurs clés. Selon, Dahlia Khalifa, directrice régionale de l’IFC pour l’Afrique de l’Ouest anglophone et centrale, précise que « le secteur privé est appelé à jouer un rôle clé dans l’expansion des solutions d’énergie renouvelable, l’amélioration de la productivité agricole, la réduction du déficit d’infrastructures et l’augmentation des financements pour les micros, petites et moyennes entreprises au Cameroun. Aujourd’hui plus que jamais, l’IFC est déterminée à aider le secteur privé camerounais à réaliser pleinement son potentiel et à tirer ainsi la croissance économique du pays. »
Au Cameroun, la problématique de l’employabilité et de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés se pose avec acuité. L’incapacité de l'État à offrir des emplois aux jeunes, accentuée par l’inadéquation entre formation, éducation et emploi a favorisé le foisonnement du secteur informel, ultime recours des jeunes pour la satisfaction de leur besoin socio-économique. Selon la troisième enquête sur l’emploi et le secteur informel réalisée par l’Institut national de la statistique (INS), le taux de chômage est de 8,7% en 2021, soit une hausse de 3 points de pourcentage en plus par rapport à 2010 (5,7%). Le rapport indique que la population en âge de travailler au Cameroun représente 62% de la population totale, soit un peu plus de 16 millions de personnes.
Cependant, le taux d’emploi des jeunes de 15-34 ans est de 39,3%. Il est de 47,2% chez les jeunes hommes contre 31,3% chez les femmes. Il est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (43,0% contre 37,1%).

