La Banque mondiale dans son rapport sur les Perspectives économiques mondiales publié le 11 juin dernier, table sur un taux de croissance économique de 3,9% au Cameroun en 2024. Par rapport au mois de janvier de l’année en cours, ces prévisions sont en léger recul de 0,3%. Premier préteur multilatéral du Cameroun au 31 mars 2024 avec un encours de plus de 1 200 milliards de Fcfa, la Banque mondiale ne donne pas les raisons pouvant expliquer le repli annoncé de la croissance du PIB au Cameroun. Cependant, l’institution financière peut avoir anticipé sur la combinaison d’un certain nombre de facteurs externes et internes, notamment des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et de l’énergie, ainsi qu’une contraction de la production pétrolière du pays. C’est en tous cas, ces éléments qui selon le Fonds monétaire international (FMI), ont concouru à la baisse de la croissance économique du Cameroun de 3,6% en 2022 à 3,3% en 2023.
Le Cameroun sur le toit de la Cemac
L’on constate qu’en dépit des projections moins optimistes, le taux de croissance du Cameroun afin 2024 serait le plus elevé au sein de la de la Commauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Le Congo dont les prévisions ont été revu à -0, 6%, enregisterait 3,5%, suivi du Gabon (3%), la RCA (2,7%). Malgré une révivion à hausse (+1,8%) de prévisions de croissance, la Guinée équatoriale devrait connaitre une recession en 2024 avec un taux de croissance de -4,3% puis -3,3% en 205 et -3 ,6% en 2026, ajoute la Banque mondiale.
Guerre des prévisions
Il convient de souligner que toutes les institutions ne s’accordent pas sur leurs perspectives. Si le FMI et la Banque mondiale table sur un taux de croissance de 3,9% au Cameroun en 2024. Tel n’est pas le cas pour la Banque africaine de developpement (BAD) qui projete plutôt 4,1% contre 4,3% pour l’Etat du Cameroun.
A l’échelle sous-régionale, la BM prévoit un taux de croissance de 2,5% au Cameroun en 2024 soit moins de la moitié (6%) visés dans la zone de l’Union économique et monétaire ouestafricaine (Uemoa). Pourtant, selon la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), la croissance devrait plutôt s’établir à 3,6% dans la Cemac en 2024 ce qui ferait son meilleur niveau depuis 10 ans, « soutenue principalement par la bonnetenue des activités non pétrolières » dont la croissanceest annoncée à 4,1% (+1%).
Par pays, contrairement aux prévisions de la Banque mondiale, c’est le Tchad qui porterait davantage la croissance en zone Cemac en 2024 avec un taux de 5,2%. Il serait suivi du Congo (4,3%), du Cameroun (4,1%), le Gabon (2,8%), la RCA (2,3%) contre -5% pour la Guinée équatoriale.
Pour rappel, le Cameroun est encore très loin des 8% du taux de croissance prévu à à l’horizon 2030 dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND 30).

