Dans une note publiée le 3 juillet, le ministère gabonais des Comptes publics révèle que la Banque mondiale a suspendu ses décaissements « en raison de l’existence d’échéances impayées ». En réaction à cette situation ce ministère déclare que, « le retard dans le règlement des échéances dues à la Banque mondiale est lié à des raisons techniques, qui n’ont pas permis d’honorer la totalité des engagements à la date du 30 juin 2024 ».
Pour sa défense, le ministère des Comptes publics affirme avoir déjà procédé au paiement de ces impayés et que, l’ensemble des échéances de dette au profit des autres créanciers multilatéraux est en cours de paiement et devrait être totalement apuré d’ici quelques jours. « Le gouvernement réitère sa ferme volonté d’honorer tous ses engagements, en payant régulièrement les échéances dues aux créanciers », indique la note ministérielle.
Comme pour prouver sa bonne foi, le ministère des Comptes publics déclare que, la direction générale de la comptabilité publique et du trésor a été amenée à régler pour près de 136 milliards de Fcfa de dettes de marché pour le seul de mois de juin 2024.
En outre, du 1er septembre 2023 au 31 mai 2024, les remboursements de la dette publique conventionnée (sous la gestion de la Direction Générale de la Dette) ont représenté 857,92 milliards de Fcfa, dont 616,87 milliards de Fcfa en capital et 241,05 milliards de Fcfa d’intérêts. Sur la même période, les tirages (décaissements d’emprunts) ont représenté 453,92 milliards de Fcfa.
Il en résulte que du 1er septembre 2023 au 31 mai 2024, le désendettement net de l’État a représenté 162,95 milliards de Fcfa. Au 31 mai 2024, l'encours de la dette publique conventionnée de l’État était de 6.988,87 milliards de Fcfa.
En attendant le retour à la normale, il est à noter que la suspension des décaissements de la Banque mondiale n’est pas une bonne nouvelle pour le Gabon. Car, cela jette du discrédit sur la signature du pays. Conséquence, cela peut amener d’autres partenaires économiques et financiers du Gabon à ne plus lui faire des crédits ou toutes autres formes de financement. Et un pays qui n’a plus de signature crédible auprès des bailleurs de fonds peut difficilement financer son économie et ses projets. Cette situation peut également amener les agences de notation financière à dégrader la note du Gabon. Ce qui est fort préjudiciable sur le marché international financier, notamment.

