Le Conseil d’administration de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) a adopté de nouvelles orientations stratégiques destinées à renforcer la solidité financière et l’impact régional de l’institution, quelques mois après l’obtention de sa première notation internationale. Réuni en session ordinaire par visioconférence sous la présidence d’Hervé Ndoba, ministre centrafricain des Finances et président en exercice du Conseil, l’organe de gouvernance a salué l’attribution par Moody’s, en novembre dernier, d’une note Ba3 avec perspective stable, plaçant la banque dans la tranche supérieure de la catégorie spéculative.
Cette notation constitue une étape clé pour l’institution basée à Brazzaville, qui cherche à accéder aux marchés internationaux de capitaux afin de financer son plan stratégique 2023-2027 « Azobé », évalué à environ 1 700 milliards de FCFA. Dans son communiqué, le Conseil d’administration a souligné que cette nouvelle dynamique s’accompagne d’exigences accrues en matière de gouvernance, de gestion des risques et d’efficacité opérationnelle. Les administrateurs ont notamment acté le renforcement de la liquidité de la banque, l’optimisation des dispositifs de gestion des risques, l’amélioration de la transparence et l’accélération de la digitalisation des processus internes.
Moody’s avait indiqué que la note Ba3 reflète le rôle central de la BDEAC dans le financement des projets structurants de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), ainsi que le soutien accru de ses actionnaires à la suite d’une augmentation de capital en 2023. L’agence avait toutefois relevé l’exposition persistante de la banque aux risques souverains de ses États membres.
Lire aussi : La BEAC renforce sa position dans le capital de la BDEAC avec une injection de 86 milliards FCFA
Pour la BDEAC, l’enjeu est désormais de convertir cette reconnaissance en capacité effective de mobilisation de ressources diversifiées et concessionnelles, dans un contexte marqué par la faible profondeur du marché financier régional et des contraintes de liquidité en zone CEMAC. « Les décisions adoptées sont essentielles au renforcement de la solidité de la Banque et à la consolidation de son rôle moteur dans l’intégration régionale », a déclaré Hervé Ndoba à l’issue des travaux.
La banque ambitionne de jouer un rôle accru dans le financement des investissements prioritaires des États membres, alors que la région fait face à des besoins croissants en infrastructures et à des marges budgétaires limitées.
Lire aussi : La BDEAC se dote d’un nouveau plan quinquennal pour renforcer sa présence en zone CEMAC

