La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) va resserrer sa politique de change vis-à-vis des entreprises pétrolières et minières. Dans une instruction signée le 23 avril 2026, le gouverneur Yvon Sana Bangui a décidé de relever progressivement le taux de rapatriement des devises issues des activités extractives dans la sous-région.
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Jusqu’ici limité à 35 % à la suite de compromis négociés avec les opérateurs en 2021, ce taux sera porté à 50 % à compter du 1er janvier 2027, puis à 70 % à partir du 1er janvier 2028, selon un calendrier jugé « progressif et prévisible » par l’institution. Ce durcissement traduit un retour à l’esprit initial de la réforme de 2018, qui visait un rapatriement total des devises par les opérateurs économiques pour renforcer les réserves de change et stabiliser le franc CFA.
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« Ce relèvement progressif vise à renforcer l’impact positif des recettes d’exportation sur les réserves de change (…) tout en préservant une trajectoire réglementaire prévisible », indique la BEAC, précisant que les fonds de réhabilitation des sites en fin d’exploitation (Fonds RES) restent exclus du champ de cette obligation. La raison ? La BEAC a récemment revu sa méthode sur ce dossier sensible. Après plusieurs années de discussions sans résultat avec les compagnies, l’institution a choisi de laisser désormais les États négocier directement avec les opérateurs. La semaine dernière à Washington, Yvon Sana Bangui a dénoncé une « stratégie dilatoire » des compagnies et de leurs conseils, accusés d’avoir « maintenu l’opacité la plus totale sur les données chiffrées ».
Le rapatriement des devises est un enjeu central pour la stabilité de la CEMAC. Les réserves de change de la CEMAC, tombées à 6 769 milliards FCFA à fin février 2026, en baisse de plus de 10 % sur un an, restent sous pression. Leur renforcement permettrait de consolider la position extérieure de la zone, de sécuriser le franc CFA et de financer des projets structurants à moindre coût. À l’inverse, dans un contexte de forte dépendance aux matières premières et de hausse des importations, leur insuffisance accroît les vulnérabilités, avec en toile de fond le risque d’un recul des réserves sous le seuil critique de trois mois d’importations.

