Dans le cadre de ses opérations principales d’injection de liquidité dans le système bancaire de la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, République Centrafricaine et Guinée équatoriale), la Beac a fait une nouvelle offre de 65 milliards de Fcfa le 18 juin 2024. Selon les résultats de cette opération que vient de publier la banque centrale, la totalité de l’enveloppe a été captée par les banques commerciales. Cette opération a d’ailleurs connu une sursouscription de l’ordre de 450%, au vu des besoins exprimés qui culminaient à 292 milliards de Fcfa, a appris EcoMatin. A en croire la même source, cette enveloppe a été servi à 17 établissements bancaires, ayant exprimé des besoins de liquidité.
Près de deux semaines après que la Beac ait renoué avec les injections de fonds (après sa suspension en février 2023, Ndlr), les banques en activité dans la Cemac manifestent déjà un appétit vorace pour les liquidités de la Banque centrale. Cette course à l’offre de refinancement pourrait s’expliquer par l’accroissement de la demande des crédits bancaires, dans un contexte marqué par le resserrement de la politique monétaire dans la zone Cemac. « Il faut comprendre que si la demande augmente sur un produit (l’argent en l’occurrence), c’est parce qu’il y’a un besoin et ce besoin peut s’expliquer par le fait que les banques aient augmenté ou veulent augmenter leurs positions créditrices vis-à-vis de leurs clients », commente un banquier camerounais.
Cependant, cet appétit des banques pourrait pousser la banque centrale à augmenter son volume de liquidités, et assouplir la politique monétaire austère (mise en place pour limiter l’accès aux financements des Etats, particuliers et opérateurs économiques, mais également lutter contre l’inflation galopante dans la zone Cemac). L’on se souvient qu’en mars 2020, l’institut d’émission monétaire avait adopté des mesures d’assouplissement monétaire dans le cadre de la riposte sous régionale à la crise économique due à la pandémie du Coronavirus. Pour mémoire, à l'issue de la réunion du Comité de politique monétaire tenu le 27 mars 2020, la Beac avait décidé de réviser à la baisse du taux d’intérêts des appels d’offre (Tiao) de 3,50 % à 3,25 %. Elle avait également décidé de porter les injections de liquidités de 240 milliards Fcfa à 250 milliards Fcfa et se rendre disponible à relever ce montant en cas de besoin. En définitive, le retour de cette politique serait bénéfique pour le refinancement des banques commerciales de la Cemac.
Pour rappel, cette course à l’offre de refinancement intervient après l’échec enregistré le 11 juin dernier sur une opération similaire d’une enveloppe de 120 milliards de Fcfa. Pour celle-ci, les établissements de crédit de la Cemac n’avaient qu’exprimé un besoin de financement de l’ordre de 55 milliards de Fcfa.

