La République centrafricaine annonce travailler en ce moment avec Bloomfield Investissement Corporation pour l’obtention de la deuxième notation financière en monnaie locale de son histoire. Ces nouvelles tractations s’ouvrent six mois seulement après que l’agence de notation basée en Côte d’Ivoire a attribué au pays sa toute première notation souveraine, notamment les note BB+ à long terme et la note B à court terme. Théoriquement, cette notation contribue à renforcer la qualité de la signature de la RCA ainsi que le niveau de risque associé, lui donnant ainsi une plus grande marge de manœuvre en ce qui concerne ses prises de décision d’investissement sur le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). « La note à long terme BB+ et la note à court terme B attribuées à ce pays vont permettre non seulement au gouvernement de transformer les faiblesses en opportunité, mais constituent pour les investisseurs une source importante d’informations ou d’appréciation des risques sur lesquelles ils peuvent baser leurs décisions d’investissement. L’intérêt de la notation réside dans le fait qu’elle guide les stratégies des investisseurs », expliquait Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield Investment Corporation le 05 avril.
Lire aussi : La RCA décroche sa première notation financière auprès de Bloomfield Investment
Les travaux devant aboutir à cette deuxième notation au titre de l’exercice budgétaire 2022-2023, sont entrés dans leur phase préliminaire le 21 octobre dernier. Une équipe d’experts de Bloomfield prendra ses quartiers à Bangui très prochainement. En théorie, la notation financière ou rating, a pour objet l’évaluation indépendante, objective et rigoureuse de l'aptitude d'une entité économique à honorer ses obligations financières aux échéances fixées d’accord partie. Cette opinion indépendante permet à l’investisseur, qui ne connaît pas a priori le pays, de fonder sa décision de souscription à un emprunt, notamment le montant de sa participation et le rendement recherché. La notation, en même temps qu’elle constitue le guide par excellence de l’investisseur, représente pour le gouvernement un instrument de crédibilité.
Cette quête d’une nouvelle notation souveraine en monnaie locale intervient quelques semaines seulement après le lancement, par le gouvernement centrafricain, du Plan national de développement (PND) 2024-2028. C’est le tout premier et véritable document de planification de moyen terme de la République centrafricaine. Sa mise en œuvre nécessite la mobilisation de quelques 7 040 milliards Fcfa. Ce plan stratégique a été élaboré dans l’optique de rattraper les retards abyssaux du pays dans tous les secteurs de son économie. Le plan de financement de cette stratégie est réparti de la manière suivante : l’Etat 20%, soit 1 400 milliards Fcfa, et le secteur privé national et étranger 30%, soit 2 112 milliards Fcfa. Il se dégage ainsi un gap de 50%, soit 3 520 milliards Fcfa à rechercher auprès de la communauté internationale à travers la mobilisation des dons et la contraction des prêts.

